‹ La vie tragique de Vincent van GoghChapitre 20 sur 59 · TOURNESOLS · texte numérisé non relu

TOURNESOLS

heures du matin et n’en remonte que vers . trois heures ou quatre heures du soir. Les nc conditions hygiéniques laissent à désirer. AL aérage est insignifiant; les galeries sont d’un accès toujours dangereux. Les vic- È times du travail sont oo — La liste

D: de grisou se ent ae la * même fosse, à l'Agrappe, à Frameries. Un peu plus tard, à la Boule, à Quaregnon. Il y a des centaines de morts,

«Ces catastrophes émeuvent l'opinion publique. On réclame des mesures. Mais l'amélioration à apporter dans l'exploitation des mines exige des dépenses qui diminuent d'autant les bénéfices, Et comme ë avant tout il faut faire des bénéfices, l’on n'améliore rien,

. « On organise des secours, on fait appel Là la charité publique. Les enquêtes ork données ne se font pas et les travaux con- | tinuent dans des conditions détestables qui entraînent de nouvelles catastrophes et font de nouvelles victimes.

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« Voici d'après les documents officiels,

à combien se sont élevés les salaires :

«En 1872, par journée de travail : 3 fr.o1;

1874, 3 fr. 42; 1873, 3 fr. 42; 1875, 3 fr. 44; 1876, 3 fr. 10;:1077, 2 1, SA MIE, SENS

«Pour les bénéfices, voici par exemple

la répartition de 1873, au Borinage : 100 fr,

de charbon, tous frais déduits, rapportent |

aux ouvriers comme salaire 60 fr. 90 et :

aux actionnaires comme bénéfice 39 fr. 10.» .

Et maintenant que je laisse la parole à :

ceux qui ont connu alors «l’Pasteur Vin- :

cent », et vécurent dans son intimité, sans

savoir qu’en ce jeune homme dévoré par.

une véritable folie d’altruisme et de rédemp-

tion s’accomplissait l'incubation d’une œuvre unique, d’une personnalité d'artiste qui est l’une des plus curieuses de tout le

XIX® siècle,

J'ai, après bien des recherches, fini par :

retrouver un vieux pasteur qui vit actuel- « lement dans le Tournaisis et qui, installé

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PARMI LES MINEURS DU BORINAGE

en | 1878 à Warquignies, village voisin de Wasmes, accueillit avec la plus grande bonté Vincent Van Gogh. Voici.les notes qu 11 a bien voulu m "envoyer : :

« Je voudrais vous satisfaire dans la mesure du possible en rassemblant quelques souvenirs de Vincent Van Gogh. Je l’ai en effet connu il y à quarante-cinq ans, au Borinage, où il fut

évangéliste (non pasteur, n'ayant pas de titre

théologique). Il travailla à Wasmes environ une

année.

« Il était fils d’un pasteur hollandais; je me rappelle son arrivée à Pâturages; c'était un jeune homme blond, de taille moyenne, d’agréable figure; il était très bien mis, avait de belles

manières et portait sur sa personne tous les carac-

tères de la propreté hollandaise.

« Il s'exprimait correctement en français et il était capable de parler assez convenablement dans les réunions religieuses du petit groupe protestant de Wasmes auquel on le destinait.

Une autre communauté de Wasmes avait son

pasteur. Vincent Van Gogh était en fonctions près

du bois, vers Warquignies; il présidait des cultes

dans un ancien salon de danse.

« Notre jeune homme prit son logement dans

une ferme de Petit-Wasmes; cette maison était relativement belle; elle se distinguait d’une façon fort sensible de l'entourage, où l’on ne voyait alors que de petites maisons de mineurs,

« La famille qui hébergeait Vincent Van Gogh à avait des habitudes ne et vivait comme les

ouvriers.

« Mais notre évangéliste manifesta bien vite

Petit

en face de son habitation les sentiments parti-

culiers qui le possédaient, il trouva que son logement était trop luxueux; cela choquait son humilité chrétienne, il ne pouvait supporter d’être abrité d’une façon si différente de celle des mineurs. Il quitta alors ces personnes qui l’entouraient de sympathie et il alla habiter une petite cabane. Il y demeura tout seul; il n'avait pas de mobilier et on racontait qu’ 1l donne RU au coin de l’âtre.

«Du reste, l'habillement qu'il portait au dehors révélait ses aspirations originales ; on le voyait sortir avec une vieille veste de soldat et une mauvaise casquette, et c'est dans cet accoutrement qu'il parcourait le village.

« Les beaux habits avec a il était arrivé ne paraissaient plus, et il n’en avait pas acquis de nouveaux. DEN

« Pourtant il avait un traitement peu élevé, mais

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