UN ER
VL A! NIRS “01 t WIR ) Lun
Saint-Ghislain », l’abbé Marlier fit poursuivre en 1659 et condamner à des peines «exemplaires » certains habitants de Dour qui soutenaient publiquement des propo-
sitions en contradiction avec les dogmes
de l'Église.
L'’hérésie, écrit M. Goblet d’Alviella (x), n'était cependant pas éteinte, car quelques années plus tard, des plaintes nouvelles, émanant de l’autorité ecclésiastique, furent formulées à charge d'habitants de Wasmes (alors un hameau de Dour). Elles étaient adressées au Conseil du Hainaut, qui s 'empressa de les transmettre au Conseil
privé à Bruxelles. Celui-ci rendit, le.
17 octobre 1609, un décret où, s’en référant aux obligations qu’imposait depuis 1645 le traité de Munster, il estimait nécessaire d’atténuer quelque peu les peines établies contre les hérétiques par les édits antérieurs. Le texte de ce décret, extrait par M. Hubert des Archives du Conseil du Hainaut, portait notamment : «L'’intention de Sa Ma-
jesté était qu'on devait souffrir, en suite
(1) Bulletin de l’Académie de Belgique.
PARMI LES MINEURS DU BORINAGE
du traité de paix de Munster, que ceux de la religion prétendue réformée continuassent leur demeure au village de
Wasmes et lieux voisins sans faire aucun
exercice public de leur religion ni donner aucun «scandale »,
Fénelon visita Dour au cours d'une de ses tournées pastorales. Une légende, que M. Hubert reproduit, sans en garantir la vraisemblance, rapporte que le prélat y interrogea une femme qui refusait obstiné-
ment d’adhérer à la confession de foi
exigée par l'Église Catholique. C'était une simple femme du peuple qui ne savait
pas lire, mais à qui son mari avait fait
connaître les textes de la Bible. Fénelon lui aurait laissé un texte écrit de sa main pour la mettre à l'abri de persécutions ultérieures et l'aurait quittée en ajoutant : « Bonne femme, priez pour moi.» Le mot est trop joli pour être vrai, c'est du reste
peu conciliable avec la lettre que l’auteur
de Télémaque adressa au pape le 28 mai 1711, où, dénonçant les progrès de la Réforme dans les environs de Tournai,
il disait notamment : «Si cette peste ne
disparaît pas à bref délai, c'en est fait de
la foi catholique dans les Pays-Bas, »
On voit parmi quelles populations s’exerça
l’apostolat de Vincent Van Gogh qui, .
« dédaignant et le marbre et l'argile et la couleur, travailla en chair vivante » comme le Christ, qu’il proclamait «l'artiste plus grand que tous les artistes (rt) ». | On aura une idée de leurs conditions économiques en lisant ces quelques lignes que j'emprunte à une brochure consacrée
à un militant socialiste de Wasmes qui fut
l'élève de Vincent Van Gogh :
«Le Borinage à cette époque comptait
30.000 mineurs et quelques milliers de métallurgistes et verriers : deux mille filles et deux mille cinq cents garçons au-dessous
de 14 ans; mille filles et deux mille garçons
de 14 à 16 ans; trois mille femmes au-dessus
de 16 ans et vingt mille hommes travail-
laient dans la mine, « La journée moyenne de travail est de douze heures. L’ouvrier descend vers trois (1) XI° lettre à Emile Bernard. Ed. Vollard. Paris.
Lo GA