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PARMI LES MINEURS DU BORINAGE
Monsieur Dore je ne saurai vous en dire davantage, je n’avai que 14 ans à cette époque. »
Le souvenir de quelques traits est resté particulièrement vivace dans la famille Denis, Les mineurs de Wasmes, quand ils se rendaient à la fosse, revêtaient, par-dessus . leur costume de toile grise, de vieilles vestes faites de toiles d'emballage, en guise
de suroîts, pour se protéger contre les
paquets d’eau qui tombent parfois des parois du puits, dans la cage. Cette tenue . misérable excitait au plus haut point la . pitié de Van Gogh, Un jour, il vit sur le dos . d’un ouvrier ce mot imprimé dans la toile « Fragile », Il ne rit point. Au contraire, il en parla pendant plusieurs jours aux repas, en s'apitoyant. On ne comprenait pas. Cela et l'épisode de l'orage, ce fut assez pour convaincre Mme Denis « que le jeune monsieur n'était pas comme tous les autres», Son cœur de mère se fendait...
Elle écrivit à la mère de Van Gogh, dépei-
- gnant la vie misérable que menait Vincent
dans sa cabane. Une épidémie de typhus
s'était déclarée dans la région. Vincent
avait tout donné, son argent et ses vête- E ments aux pauvres mineurs malades. Un inspecteur du Comité d’évangélisation avait trouvé que les «excès de zèle» du mis- L sionnaire confinaient au scandale et + ù n'avait pas caché son opinion au consis- .
toire de Wasmes, Le père de Van Gogh. 1 partit de Nuenen pour Wasmes. Il trouva … son fils couché sur un sac rempli de paille, 1 affreusement affaibli et amaigri, Quelques | mineurs aux visages affamés et souffreteux | se pressaient autour de Vincent, dans la salle | faiblement éclairée par une lampe pendue 4 au plafond. De grandes ombres fantastiques … .… dansaient sur les murs badigeonnés de vert... 4 Le missionnaire se laissa entraîner comme un enfant et revint au foyer de Mme Denis.
Van Gogh fit des conversions célèbres « parmi les protestants de Wasmes. On parle © encore de ce mineur qu'il alla voir après un accident survenu au charbonnage de Marcasse, L'homme était un alcoolique «un incrédule et un blasphémateur », aux dires des gens qui m'ont conté l’anecdote. Quand Vincent se présenta chez lui pour le se-. 1
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courir et le consoler, il fut accueilli par une bordée d’injures. Il fut traité notamment, de «mâcheux d’capelets » (mâcheur de
chapelets) comme s'il avait été un prêtre
catholique, Mais la douceur évangélique de
Van Gogh convertit l’homme, On raconte aussi qu’à la période du
« tirage au sort», de la conscription, des femmes venaient demander au saint homme de leur indiquer le passage des Écritures qui devaient servir de talisman à leurs fils
pour qu'ils prissent un bon numéro, les
dispensant du service de la caserne !..
nm
On trouve des traces du passage de Van Gogh au Borinage dans les archives des
communautés protestantes. Il y a notam- ment un rapport de l’église de la rue du Bois à Wasmes, dirigée sous les «haus- pices (sic) du synode ». Ce rapport, je lai transcrit et voici ce qu’on y lit :
« Monsieur le Pasteur Peron, de Dour, est venu
à Wasmes. Voyant le nombre (de membres sans
doute) et les œuvres qu'ils pouvaient se faire, il s'est entendu avec Messieurs Neven, Jean … Andry et le dit Peron tous trois pasteurs de 1la direction de la S° Synodale, d'envoyer notre. situation au comité synodal afin de savoir s’il pouvait nous venir en aide.
« Après avoir reçu l'admission, M. Peron est Ù venu à Wasmes et, s'étant mis d'accord ensemble, |
ils sont venus à tour de rôle faire le service dans
une salle que M. Peron avait visitée avec les membres du Consistoire. 4 « Après un laps de temps écoulé de un anet
demi environ la Société synodale a bien voulu
nous envoyer M. Vincent; ensuite est venu.
M. Huton, tous deux évangélistes pendant environ quatre ans. !
« Nous avons été puissamment aidés dans l’œuvre d’évangélisation ! » à
Et voici le rapport 1879-1880, de l'union
des Églises protestantes de Belgique, au 4