‹ La vie tragique de Vincent van GoghChapitre 26 sur 59 · A VAT · texte numérisé non relu

A VAT

Léna + x Aie di

PARMI LES MINEURS DU BORINAGE

Monsieur Dore je ne saurai vous en dire davantage, je n’avai que 14 ans à cette époque. »

Le souvenir de quelques traits est resté particulièrement vivace dans la famille Denis, Les mineurs de Wasmes, quand ils se rendaient à la fosse, revêtaient, par-dessus . leur costume de toile grise, de vieilles vestes faites de toiles d'emballage, en guise

de suroîts, pour se protéger contre les

paquets d’eau qui tombent parfois des parois du puits, dans la cage. Cette tenue . misérable excitait au plus haut point la . pitié de Van Gogh, Un jour, il vit sur le dos . d’un ouvrier ce mot imprimé dans la toile « Fragile », Il ne rit point. Au contraire, il en parla pendant plusieurs jours aux repas, en s'apitoyant. On ne comprenait pas. Cela et l'épisode de l'orage, ce fut assez pour convaincre Mme Denis « que le jeune monsieur n'était pas comme tous les autres», Son cœur de mère se fendait...

Elle écrivit à la mère de Van Gogh, dépei-

- gnant la vie misérable que menait Vincent

dans sa cabane. Une épidémie de typhus

s'était déclarée dans la région. Vincent

avait tout donné, son argent et ses vête- E ments aux pauvres mineurs malades. Un inspecteur du Comité d’évangélisation avait trouvé que les «excès de zèle» du mis- L sionnaire confinaient au scandale et + ù n'avait pas caché son opinion au consis- .

toire de Wasmes, Le père de Van Gogh. 1 partit de Nuenen pour Wasmes. Il trouva … son fils couché sur un sac rempli de paille, 1 affreusement affaibli et amaigri, Quelques | mineurs aux visages affamés et souffreteux | se pressaient autour de Vincent, dans la salle | faiblement éclairée par une lampe pendue 4 au plafond. De grandes ombres fantastiques … .… dansaient sur les murs badigeonnés de vert... 4 Le missionnaire se laissa entraîner comme un enfant et revint au foyer de Mme Denis.

Van Gogh fit des conversions célèbres « parmi les protestants de Wasmes. On parle © encore de ce mineur qu'il alla voir après un accident survenu au charbonnage de Marcasse, L'homme était un alcoolique «un incrédule et un blasphémateur », aux dires des gens qui m'ont conté l’anecdote. Quand Vincent se présenta chez lui pour le se-. 1

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courir et le consoler, il fut accueilli par une bordée d’injures. Il fut traité notamment, de «mâcheux d’capelets » (mâcheur de

chapelets) comme s'il avait été un prêtre

catholique, Mais la douceur évangélique de

Van Gogh convertit l’homme, On raconte aussi qu’à la période du

« tirage au sort», de la conscription, des femmes venaient demander au saint homme de leur indiquer le passage des Écritures qui devaient servir de talisman à leurs fils

pour qu'ils prissent un bon numéro, les

dispensant du service de la caserne !..

nm

On trouve des traces du passage de Van Gogh au Borinage dans les archives des

communautés protestantes. Il y a notam- ment un rapport de l’église de la rue du Bois à Wasmes, dirigée sous les «haus- pices (sic) du synode ». Ce rapport, je lai transcrit et voici ce qu’on y lit :

« Monsieur le Pasteur Peron, de Dour, est venu

à Wasmes. Voyant le nombre (de membres sans

doute) et les œuvres qu'ils pouvaient se faire, il s'est entendu avec Messieurs Neven, Jean … Andry et le dit Peron tous trois pasteurs de 1la direction de la S° Synodale, d'envoyer notre. situation au comité synodal afin de savoir s’il pouvait nous venir en aide.

« Après avoir reçu l'admission, M. Peron est Ù venu à Wasmes et, s'étant mis d'accord ensemble, |

ils sont venus à tour de rôle faire le service dans

une salle que M. Peron avait visitée avec les membres du Consistoire. 4 « Après un laps de temps écoulé de un anet

demi environ la Société synodale a bien voulu

nous envoyer M. Vincent; ensuite est venu.

M. Huton, tous deux évangélistes pendant environ quatre ans. !

« Nous avons été puissamment aidés dans l’œuvre d’évangélisation ! » à

Et voici le rapport 1879-1880, de l'union

des Églises protestantes de Belgique, au 4

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