‹ La vie tragique de Vincent van GoghChapitre 35 sur 59 · L’ARTISTE S’ÉVEILLE · texte numérisé non relu

L’ARTISTE S’ÉVEILLE

mineurs, leur chapeau de cuir bouilli, des sabots, un suroît de pêcheur de Scheveningue. Il dessine, dessine obstinément.

« Where there is a will, there is a way», écrit-1l à son frère. Son ambition est d’être celui qui, par la plume ou le crayon, héroïsera les travailleurs de la terre, de la mine, de la mer. « Une belle madame, dit-il, qui fronce le nez devant un rude travailleur aux vêtements trempés de sueur, ne peut naturellement pas comprendre pourquoi un artiste se rend parmi les pêcheurs de Heyst ou les mineurs du Borinage et descend jusqu’au maintenage d'une mine, et elle en vient à cette conclusion que je suis fou. »

Il est assez intéressant de souligner que Van Gogh n’a pu soupçonner alors que Constantin Meunier serait un jour l'artiste que lui-même rêvait d’être. Il le cite une fois seulement mais à cette époque C.

Meunier n'avait pas encore parcouru le Borinage en compagnie de Camille Lemonnier, et il s’en tenait à ses tableaux d'histoire, à ses souvenirs d'Espagne. Van

Gogh cite fréquemment au contraire Char-

les de Groux, pour lequel il éprouve une admiration compréhensible,

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