AUVERS-SUR-OISE : LA FIN
tout à la fois de bonté et de tristesse, a regardé longtemps sans se durcir l'immense misère des hommes. J'ai vu une réplique (dans des tons un peu différents) de ce 20 portrait, dans la belle maison d’Auvers-sur- Oise, où la palette de Van Gogh voisine avec celle de Cézanne, où des toiles, des gravures, des dessins sont aux murs qui portent la signature de Courbet, Méryon, . Manet, Pissaro, Renoir, Sisley, Gauguin ou . Eva Gonzalès. (On y voit un nu délicieux et surprenant de Guillaumin). Une salle est . réservée à une collection d'œuvres de Van Gogh dont l'importance n'est égalée que par celles de Mme Krôller ou de M. Brem- mer à La Haye. Il y a là des dessins à la plume étonnamment fouillés, des paysages de Provence, la cour de l’asile de Saint-Remy au sol jonché d'’aiguilles et de pommes de pin, serti de flaques d’eau où le soleil couchant met sa magie; et puis encore, des figures : des fillettes d’Auvers-sur-Oise, une maternité (d’après un tableau de... Mme De- . mont-Breton). Il y à enfin un portrait de Vincent par lui-même, le dernier qu'il ait
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peint, un Vincent au crâne piriforme, visage taillé à la serpe, qui fait mal à voir.
M. Paul Gachet, qui m'a montré ses trésors avec une bonne grâce dont je l sais gré avait 15 ans quand Van Gog arriva chez son père. Il a conservé di souvenirs très précis. Il revoit le peintre d Ravin en bourgeron bleu, éternellemet coiffé, même par les fortes chaleurs, d’un «polo» qui avait remplacé le bonnet d - fourrure d'Arles. Vincent était tantôt calme et taciturne, tantôt très exalté, travaillant, à la suite d’un «emballement » avec une fougue, une frénésie qui frappa M. Gachet comme les élèves de l'académie d'Anvers … ou le D' Rey. Par exemple, l’admirable paysage d’après le jardin du docteur et le cyprès, traités avec un accent encore mér dional, a été peint en moins de deux heures.
Quelques semaines s'étaient écoulées pendant lesquelles Van Gogh, encore que travaillant énormément, paraissait avoir recouvré un certain équilibre moral. Hélas le 28 juillet, Théo recevait à Paris une lettre Hot du D: Gachet : « J'ai tout le ”
Ge paysan ‘it avait, malgré toute ne vie de privations et de terribles secousses nerveuses, conservé une robustesse NET stupéfiante. Quand le Dr Gachet
nu VIE TRAGIQUE DE VINCENT VAN GOGH
Comme :1l s'agissait d’un suicidé, on eut ‘a quelque peine à se procurer un cotbillr | Le peintre hollandais Hirschig, qui se
Méry. Au jour des funérailles, les rar artistes venus de Paris, virent aux murs” de la chambre mortuaire quelques-unes ” des plus belles toiles de Van Gogh que les « mains du frère incomparable avaient dis- .
posées pieusement. «© mère, écrivait-il à.
la , petite vieille demeurée en Hollande, :
tu savais comme il était bien mon frère ! | 1 La vie lui pesait trop... » % 10e Six mois plus tard, Théo suivait son | | frère dans la mort. Son corps fut ramené d'Utrecht à Auvers-sur-Oise le 14 avril 1914. Ils dorment côte à côte, là-haut, dans le petit cimetière sur la colline, parmi les champs de blé, J'ai copié dans la petite | mairie qu'il a peinte si naïvement au soir du 14 juillet, l'acte de décès du peintre des.
tournesols :
«N° 60 de 1800, Vincent Wilhem (ou : Willem) Van Gogh. Ne "4 Du vingt-neuf juillet, mille huit cent |