‹ La vie tragique de Vincent van GoghChapitre 50 sur 59 · NE · texte numérisé non relu

NE

M mes ete ee

opera ce

oo

Après quelques jours passés dans l’ap- partement de la cité Pigalle où Théo s'était ‘ installé, Vincent qui avait retrouvé un peu

de calme et de bonne humeur et qui, pas une fois, ne fit allusion à Saint-Remy, partit pour Auvers-sur-Oise où il avait été décidé qu’il se fixerait. Théo l'avait tout Dent recommandé au D' Gachet, Lillois d’origine, ancien médecin de la Salpétrière, grand amateur d'art, peintre lui-même à ses heures, Le D' Gachet avait été l'ami de Courbet, Manet, Duranty, Champfleury, de tous les grands peintres ni, impressionnistes qui, comme Pissaro, étaient venus planter leur chevalet dans la déli- cieuse vallée de l'Oise, Corot déjà était passé par là. Jules Dupré avait habité l’Isle- Adam. Daumier, aveugle, était venu finir ses jours à Valmondois, À Auvers même, on a ‘ garde pieusement l'atelier de Daubigny.

En 1890, on voyait encore dans ce vilx ire de pittoresques toits de chaume se bousculant le long des chemins tortueux

qui grimpent de la route nationale vers la crête ou dévalent de l'autre côté, vers la rivière. [ls enchantèrent Van Gogh qui crut revoir un peu de son Brabant natal. Ils'en inspira comme d’ailleurs de la petite église | gothique, 2 à campanile carré, délicieusement patinée par les siècles. (Il nous la montre, sous un ciel d’un bleu éclatant, deux x chemins jaunes se rejoignant à son chevet.) h

Vincent s'était d’abord fixé dans une “ auberge qui a disparu, mais tout de suite, il devint le commensal de la maison du D' Gachet qui se prit pour lui d’une réelle affection et d’une admiration qui n’a fait | que grandir: «Plus j'y pense, plus je trouve Vincent un géant, écrira-t-il à Théo après la mort du peintre; le mot amour de l’art, pour lui, n’est pas juste, C'est croyance qu’il faut dire, croyance jusqu’au martyre.»

Vincent nous a laissé un témoignage de l'affection que de son côté il vouait à ce médecin, ami des peintres, en peignant l’'admirable portrait de l’Institut Stadel (1) le portrait d’un homme dont le regard, plein

(1) Francfort.

Page 1