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Dans les œuvres posthumes de l’écrivain délicat que fut P. J. Toulet, j'ai trouvé cette observation : « Pour le peintre français (Fouquet, Poussin, Gauguin, qui ne peut
entendre cette harmonie), le paysage n’est que l’homme prolongé.» Que Van Gogh appartienne ou non à l’art français, cette observation s'applique parfaitement à son
œuvre.
« Van Gogh, dit M. Michel Puy, a le besoin d'animer ses toiles, de remuer la nature, d'y porter de l'agitation, de la
flamme. Moins conscient de ses moyens, moins profondément équilibré que Cézanne ou que Gauguin, il se laisse aller à l’inspi-
ration, il termine un paysage en une jour-
née, un portrait en quelques heures. Il sait qu'avec cette manière de faire, le plus souvent il n’aboutira qu'à moitié, mais
qu'importe, pourvu que parfois il réalise ce qu'il a rêvé. Il imprime comme une im- pulsion à sa pâte. Il s’enthousiasme pour
certains tons, des chromes, des bleus, avec
Provence d’une gaieté monstre. » Plus tard
éléments, des paysages étrangement mou
VIE TRAGIQUE DE VINCENT van cocH
ee lesquels il obtiendra « des espèces de vitraus gothiques », | LES Cette exubérance se marque 4 ses , lettres : « Ah ! nous autres toqués, jouissonsnous tout de même de l'œil !» s’écrie-t-il, et ailleurs : « Je voulais faire un verger de
il veut faire sentir ce que peut causer de vertige, de crime et de folie la bonhomie apparente d’un café de nuit. Sa peinture est souvent tourbillonnement, confusion !
des tournesols comme des astres, des sols bouleversés par la tempête, des arbres qui semblent emportés dans une débâcle des
vementés,» |
« C'est de la peinture pour Létérateurs »
nous disait un jour un méchant peintre.
« Vous pensez tout le temps à la vie de l'artiste. Ce n’est pas le tableau mais l’homme que vous voyez.» Hé ! hé ! Voilà une critique qui nous enchante. C'est l’homme en effet que nous voyons sans cesse, mais dans sa.
peinture. Il nous émeut enfin de trouver dans un tableau autre chose qu une certaine
. D jusqu'à la an
ploya dans la peinture comme dans le domaine moral à une sorte de recherche de l'absolu. |
Voici un homme. Point n'est besoin même de songer à tels épisodes de l’exispee mouvementée de Vincent, à la façon É dont il recevait les belles clientes de la
maison Goupil, aux quelques mois qu'il
passa comme maître d'école à Ramsgate et Isleworth,. à ces pauvres salles de danse du Borinage où il prêcha le Christ, aux jours d'Arles, à l'oreille coupée, au grand jardin touffu, paisible et embaumé de l'asile de Saint-Remy, au suicide d’Auvers.. Non :
il n'est que de suivre l'évolution de l'ar- tiste, depuis cette nature morte de 1884 :
Ils portent la marque de ce tempérament
. pommes de terre sur l’amas gris des-