‹ La vie tragique de Vincent van GoghChapitre 6 sur 59 · PE · texte numérisé non relu

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Hollande pittoresque, 1878). M. Havard si

parle de moissons aux reflets dorés. On

n’en voit guère en Hollande, Mais on y voit … beaucoup de ces landes dont il parle aussi, … de ces bruyères coupées de petits bois de

sapins, plus fréquentes encore qu’en Bra-.

bant, dans le pays austère et désolé de la

Drenthe où Van Gogh passera quelques- … uns des plus sombres mois de sa tragique

carrière.

Le père de Vincent, Ds. (dominee) Theodoor Van Gogh, était un brave homme

de pasteur protestant dont l'âme n'avait rien d’orageux, dont l'éloquence était plutôt de qualité très modeste, mais d’une bonté, d'une aménité sur laquelle on comptait beaucoup pour gagner des fidèles au pro-

testantisme dans cette Hollande méridioniale aussi fermement attachée que la

Campine belge, voisine, à l’église de Rome.

D'aucuns ont rapproché le nom de là …

famille de celui d’une petite ville west-

phalienne : Goch. Dans l'ascendance de Vincent, je ne vois guère à mentionner

qu’un homonyme, né en 1729, mort en

= ENFANCE ET ADOLESCENCE

1802, qui fut sculpteur et dut travailler à- Paris où il faisait partie des Cent-Suisses en 1744. La théologie et le commerce des œuvres d'art sont en honneur dans la famille Van Gogh. Le grand-père du peintre, pasteur à Breda à partir de 1822, eut . douze enfants. Des six fils, l’un devint . vice-amiral et directeur général des chan- PRE de la marine à Amsterdam (Vincent vécut chez lui quelques mois), trois autres ont prospéré dans le commerce des œuvres … d'art, fondant en Hollande ou à Bruxelles - des maisons qui acquirent une renommée . européenne. L'un deux, Vincent ne cessa > de s'intéresser à son neveu et homonyme pendant toute la jeunesse de celui-ci. Il devait un jour s'associer avec la maison Goupil frères, qui, dans ses succursales de Londres, Paris, La Haye, New-York, écoula tant de tableaux, d’eaux-fortes et de litho- 4 graphies reproduisant les œuvres sentimen- …. tales et déclamatoires inspirées par la É- guerre de 1870 et exposées au Salon de … Paris.

Ÿ On raconte que la mère de Vincent Van

Gogh, de son nom de jeune fille Anna

Cornelia Carbentus eut, dans son ascen-

dance, un évêque d’'Utrecht que Madame Bosboom- Toussaint a mis en scène dans l’un de ses romans historiques. Elle vécut jusqu'à l’âge de 87 ans, survivant à son mari et à trois de ses fils Mme Van Goch- Bonger nous la représente comme une femme remarquable, d'esprit vif, d’une inlassable activité, joignant à un grand amour de la nature, une étonnante facilité de se confesser par écrit. «Ik maak vast een woordje klaar »: voilà, paraît-il, une de ses phrases favorites. Expression savoureusement hollandaise qu’on ne peut traduire que platement : « Je vais coucher un mot sur le papier.» C’est la mère, active, inquiète, toujours prête à se racon-

ter, plutôt que le «dominee», paisible, .

d'humeur égale que nous retrouvons à chaque instant dans le peintre des tournesols.

Vincent était l'aîné d’une famille de quatre enfants. Théodore était son cadet de quatre ans,

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