PREMIÈRE PARTIE. HISTOIRE EXTERNE
venaient à être en relations avec des membres de la communauté, ils entraient forcément, à leur exemple, dans la juridiction municipale. Vivant en effet dans les murs de la cité et sans position officielle particuKère, il leur était impossible d'échapper entièrement au milieu ambiant, de même que la ville n'avait aucun intérêt à les laisser jouir, à son détriment, d'une exemption absolue de sa justice. Bref, théoriquement et pratiquement non urbains, ils pouvaient en fait et partiellement devenir urbains ^^.
Les pouvoirs féodaux, agents originels de l'autorité centrale, eurent forcément, au début, un certain pouvoir sur la ville, mais quand ils cessèrent d'être les représentants de la puissance souveraine, on s'expHque que la communauté ait voulu s'en émanciper plus complètement qu'elle n'avait même pu simplement songer à le faire de Fautorité territoriale : ils ne formaient plus un pouvoir pubhc. Mais ses velléités ne réussirent qu'en partie. Sans doute, elle obtint un résultat fondamental en établissant une sorte de protectorat juridique, qui n'était pas non plus sans avantages matériels surtout indirects, car, s'il n'amena pas d'amélioration, il empêcha toute aggravation économique : si donc de ce point de vue réel, elle désira supprimer radicalement sa dépendance, ce fut moins par une ambition de prééminence générale que par intérêt financier spécial. Seulement, ses tentatives extrêmes en ce sens n'aboutirent qu'à quelques succès tout à fait relatifs. Dans l'ensemble, parler de sa défaite serait peut-être exagérée, mais bien qu'elle parvint à imposer son organisation aux pouvoirs seigneuriaux, ceux-ci continuèrent également de subsister et les deux partis vécurent ainsi dans une sorte d'opposition à la fois durable et latente. Bref, la ville sut dominer et hmiter la féodahté, mais elle ne put la conquérir ni l'absorber.