LE POUVOIR ECCLESIASTIQUE
L" Eglise, uniquement considérée comme puissance morale, spirituelle ou plus simplement religieuse, exerce toujours à Douai une profonde influence auprès des particuliers comme de leurs représentants. La foi privée, sans aucun doute, est restée excessivement vive. Les actes importants de la vie suffisent à le montrer clairement. Dans les mariages, lorsque les partis comparaissent devant le Magistrat, l'homme déclare prendre telle personne « à femme, se Sainte Eglise y assent ^ x. Mieux encore, dans les testaments, c'est moralement, surtout pour le paiement des dettes et (( l'amendement des tors fais », « par le conseil de Sainte Eglise et des testamenteurs ». qui fréquemment sont des « parofiens », des prêtres de la paroisse ^, que Ton accomplit cet acte, aussi bien que, juridiquement, on se conforme « au conseil » des échevins pour le réaliser'. De là. matériellement, l'abondance des legs pieux ou charitables aux églises, aux ordres religieux ou aux hôpitaux ^, ou, plus spécialement, la mise de côté d'une certaine somme d'argent en vue d' « envoler un pèlerin preu-
L Cette formule n'apparaît pas, il est vrai, au xiii*^ s. (voy. P.J. 614) et ne se montre poiu* la preinière fois que dans une « convenence de mariage » de janvier 1332, puis du 23 août 1339 et enfin, à partir de 1357, on la rencontre régulièrement (Arch. cormri., FF 584-585) ; mais, antérieurement, son absence peut être une question documentaire ou, si elle n'existait pas en droit, il paraît naturel d'admettre qu'elle était appliquée en fait.
2. P.J. 431, 485, 560, 590, 825, 948, etc. et joindre la n. suivante.
3. Pour le xiii^ s., P.J. 754 au début et voy. surtout la plus belle « devise » peut-être de cette époque, celle d'Engherrans Brunamons, de janvier 1261 (P. par [F. Brassart], Testament d'un riche bourgeois de Douai) ; pour la fin du xive s., VOJ-. les testaments émanant d'intéressés à la draperie p. dans Recueil, nos 3(31.3(34, 367, 373, 377, p. 268 ss.