Pirenne, Les villes flçimandes
fait, occasionnellement, mais d'une façon permanente, à avoir des représentants habituels pourvus d'un rôle déterminé, à posséder ainsi un début de régime constitutionnel, comme, sous un autre point de vue, à acquérir un domaine, d'ailleurs indispensable à leur existence matérielle ; bref, ils formèrent peu à peu un organisme propre avec ses fonctions spéciales et acquirent quelque autonomie. Puisque cette situation nouvelle, qui ne serait encore pour Douai que 1" application locale d'un changement général ^, s'y constate en fait dès le début du xii^ siècle, elle ne peut être que le résultat de transformations accomplies pendant l'époque précédente. En un mot, alors que le côté personnel autrefois était plutôt seul distinct, maintenant le côté organique se particularise également.
B) Le XII '^ siècle.
En effet, dès 1115 environ, ces changements supposés sont documentairement confirmés par un acte 2, d'autant plus précieux qu'en général il est le premier qui mentionne indirectement la ville et que, de plus, il est unique pour toute cette époque. Il stipule que la comtesse douairière de Flandre, Clémence, qui avait alors Douai dans ses possessions, concède à l'abbaye voisine d'Anchin, dans le but, semble-t-il. de facihter la marche d'un mouUn, l'autorisation de creuser en aval de Douai un nouveau lit de la Scarpe ^, mais qui soit aussi navigable que l'ancien : si cet ouvrage n'est pas exécuté dans ces conditions et que les notables officiels et les échevins de la ville Fattestent de leur témoignage, la concession sera annulée.
L'existence personnelle d'individus de Douai en relations avec le pouvoir public apparaît ainsi tout d'abord. Ils sont