Finances, 161 ss
Douai ^: des relations régulières étaient certainement établies entre les deux centres, confirmant l'importance qu'y attachait, en 1115, la communauté.
Ainsi, cet acte paraît avoir quelque valeur sous divers points de vue, tant personnels que réels, constitutionnels et juridiques, domaniaux et économiques. Il semble bien prouver l'existence d'une collectivité nouvelle qui a ses représentants officieux et officiels, qui a grandi spontanément à côté du pouvoir public, si bien que celui-ci a déjà avec elle des rapports légaux et qu'il lui reconnaît des prérogatives variées, dont les effets ont commencé à se répandre au delà de ses murs, tandis qu'elle dirige dès maintenant son activité vers les questions commerciales. Dans cette situation de la ville, se manifestent sans doute, à certains égards, plutôt des velléités que des pouvoirs, des intérêts que des droits, en un mot se montre l'attestation d'une époque de transition plutôt que de réalisation. Mais ce n'en est pas moins là un ensemble à la fois très original et déjà complexe, comme la marque d'un développement effectif, que la comparaison et l'analogie avec d'autres milieux urbains contemporains, surtout régionaux, rendent d'autant plus appréciables.
A l'événement précédent s'ajoutent deux autres faits d'ordres distincts, même un peu antérieurs, et sans doute tous deux d'importance restreinte ou indirecte, mais qui, en raison de la très faible connaissance que l'on a de cette époque, méritent d'être également cités. Du côté interne, une char.te de 1111 ^, relative à Saint- Amé, est signée en particulier de Raoul de Douayeul et de Hugues Du Markiet ^. Ces souscripteurs sont bien probablement les ancêtres de deux grandes familles patriciennes que l'on retrouvera à
1. « Gandavi burgensis erat quidam qui, negotiationi deditus, navigio Duacum fréquenter ire consueverat » (Mirac. S. Rictrudis, Acta S. S., BoU., maii III, 112, § 60 ; cité Pirenne, Les vûhs flamandes, 28, n. 6.)
2. Charte par laquelle le chapitre cède au seigneur d'Aubigny-en-Ai-tois, « in villa que dieitur Contez, quartam partem... » (Brassart, Château, 84, et Preuves, no 24).