‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 203 sur 997 · DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE

afin d'arriver à une organisation complète, paraît être celle des « archives «.

B) Période flaivande. 1227-1205.

L'association va accoïnplir enfin sa conquête finale dès le commencement de cette seconde période : celle-ci. s'étendant depuis la mise en liberté du comte Ferrand, qui régla à peu près le retour de Douai à son possesseur du Nord, jusqu'à la préparation des guerres de Philippe le Bel. qui entraînèrent le résultat contraire, est réellement l'époque flamande de la ville. Intérieurement, dès son début, la cité met le sceau à son organisation par la constitution, écrite alors, de 1228 ^, qui nest pas seulement d'une extrême importance pour le présent, mais qui, dans l'avenir, restera à certains égards la base théorique du fonctionnement gouvernemental urbain. Extérieurement, ce même temps correspond à toute une époque de calme, car Douai ne joue quun rôle purement diplomatique et financier pendant la querelle des d' Avesnes et des Dampierre ^. Ainsi, luie fixité administrative et une paix territoriale durables sunissent pour assurer à l'association une véritable stabihté, qui lui permet de développer à l'extrême toutes ses forces vives : cette période paraît vraiment être, de toutes façons, celle de l'apogée de la commune.

En effet, à l'égard de sa topographie, c'est, d'une part, le moment où. par suite de sa surabondance merveilleuse de population, la ville, achevant de déborder au delà de ses « Vieux murs ». doit créer encore de nouvelles paroisses ^ et

1. P.J. 31 ; voy. pliis loin § 8, I'jC.G. Remarquer que dans deux constitutions postérieui'es opposées, celles de 1297 (publ. Funck-Brentano, Additions au Codex... de Limhurg. Stirum, 384) et de 1373 (P.J. 1283), on donne un vidimus de la constitution de 1228 (i. les autres articles contenus en la charte du comte Fernant... demourans en leur vertu •>).

2. Voy. le travail de Duv^ivier, La querelle des d' Avesnes et des Dampierre, en particulier, I, 143, 208 et 277 ; ici même P.J. 368, et joindre. Finances, P.J. 14.

. 3. Voy. plus haut 44.

acheter au pouvoir public des terrains à bâtir ^, ainsi qu'elle termine, pour protéger ses nouvelles acquisitions, la presque totalité de sa seconde et dernière enceinte ^ ; d'un autre côté, au dehors, sa banlieue est certainement formée ^, comme, en particulier, elle régularise la situation de la partie existante de son domaine ^ et accroît même ce dernier en une circonstance ^. Bref, dans Tensemble, l'extension urbaine est maintenant complète.

Du côté juridique, la charte déjà citée de 1228 ®, sans qu'il soit besoin d'entrer dans l'examen de ses détails, repose sur un principe absolument fondamental, déjà signalé, et qu'il convient de rappeler : c'est que, par le régime de cooptation qu'elle établissait dans la nomination des chefs de la commune, sinon en droit, au moins en fait, elle arrivait à enlever le gouvernement urbain à l'intervention, même au contrôle de l'autorité extérieure, tandis qu'à l'intérieur elle le séparait absolument du reste de la communauté qui ne l'élisait pas : elle contribua ainsi, non à former sans doute, mais à développer singulièrement un régime patricien oligarchique, dont organiquement, bien entendu, elle n'était qu'une émanation, et à assurer une indépendance non moins qu'une suzeraineté incontestée à ses membres. Ceux-ci, personnellement, en général gens d'affaires fort riches ', commencèrent par appor-

1. En 1265, arrentement par Marguerite de Flandre à la ville de la « terre des AVaskies «. (Brassart, Preuves, n" 117.)

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