DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE
ter dans la direction de la ville les mêmes qualités que pour la gérance de leurs entreprises propres, et y déployèrent une habileté et une maîtrise égalant sans doute celles qui se constatent dans les autres villes flamandes de régime similaire.
gine anglaise donnent deux listes identiques de dix-sept noms ; le 28 mars (Close RolL Edouard I. t. IV) et le 22 juin (Patent RoU. Edouard I, t. III) ; la seconde série d'actes comprend deux pièces de 1 298 énumérant, au moment des révolutions urbaines des guerres de Flande, les noms des expulsés de la ville (voy. plus loin, 3"-^), textes de valeur sociale et beaucoup plus importants que les pièces de la catégorie précédente, car ils ne renferment chacun pas moins de 135 noms, 1 17 hommes et 22 femmes { 1 1 mars ; Funck-Brentano, Additions au Codex, 389 ; 22 juillet, Arch. départ, du Pas-de-Calais, registre AA 2, pièce 47, fol. 8). Tous les individus nommés dans ces deux dernières listes ne sont peut-être pas exactement des patriciens ovx des patriciennes, car on cite un « Johannes, Roberti Blondi clericus » et un « Tassardus, quondam famulus Jacobi Blondi » encore, donc un scribe et un ancien serviteur ; mais ces R. et J. Le Blond sont sans aucun doute po-ssible de grands bourgeois de la ville, eux-mêmes bannis, et par conséquent les deux individus précédents ne peuvent être que de leur entourage.
Ajoutons qu'au point de vue généalogique, on trouvera des renseignements sur deux des premières familles patriciennes, les Picquette et les Pilate, dans Houzé de l'Aulnoit, Notes généalog. Famille H. de VAidnoit, 54:1-574 et 575-586.
Quant à la « vie » des patriciens, les actes de droit privé d'abord, fournissent des renseignements multiples sur des mutations de biens ou d'argent : on peut en trouver des exemples dans nos P.J. : voy. en particulier, en 1291, un extrait du cartulaire des « rentes Jehan de Franche i>. registre des rentes foncières perçues siu* les maisons urbaines par ce patricien et c^ui ne comprend pas moins de 91 folios (P.J. 786) et en 1301, une énumération partielle de la fortune de Jacques Le Blond, un des bannis précisément de 1298 (P.J. 865 et voy. plus loin, 3°^). Mais ces indications en général sont très minimes et isolées, et si même les deux dernières sont plus synthétiques, toutes, bien que suffisant à prouver la richesse des patriciens, n'intéressent rien de plus que leiu" vie économique. Le seul document vraiment social paraît être l'exécution testamentaire d'un autre gi'and boiirgeois, Jehan Boinebroke, et encore, si remarquable que soit cette pièce, elle ne nous renseigne presque qu'au sujet de la di-aperie (voy. Espinas, Jehan Boinebroke, et ici même, t. II, § 34, 2° et § 43, 2'^^). Quant aux indications contenues dans l'enquête relative à la petite guerre entre Doviai et Lille, de 1284, non seulement elles, ne se rapportent guère qu'aux mcem-s, et bien plutôt du commun, mais en somme elles se répètent beaucoup, et tout compte fait, elles sont d'un intérêt un peu secondaire (Voy. Duthillœul, Douai et Lille). Aussi, ces actes, quels qu'ils soient, ne peuvent permettre de donner un exposé complet de la vie d'un patricien ni de tracer un tableau général de la civilisation bourgeoise. Ce sont essentiellement des témoignages restreints ou épars, bien qu'à la rigueur les premiers documents économiques ou sociaux produisent au sujet de la fortune ou du régime patricien, une impression d'ensemble asse?; caractéristique,
En effet, dès ce moment apparaissent les preuves documentaires du seul pouvoir échevinal dont jusqu'ici les manifestations écrites semblent avoir fait défaut, et qui représente la législation. Son application, bien entendu, peut toucher à des éléments quelconques. C'est ainsi que, dès 1229^^, le Magistrat publie son premier « ban >>, de but économique, qui non seulement concerne localement la question si essentielle de la draperie, mais paraît même être la plus ancienne production de ce genre que nous présente la région ; puis, en 1231 ^, sont édictés d'autres actes ayant au contraire une fin juridique. Alors, pendant toute cette période et surtout vers le milieu du siècle, sortent à jet continu de véritables floraisons de règlements concernant tous les points de l'organisation communale ^ et grâce auxquels, en général, la coutume se transforme en loi. De plus, à ces centaines de documents d'origine officielle urbaine, doivent se joindre des milliers de pièces qui ont un point de départ privé urbain, se rapportent en effet aux côtés divers du droit personnel et émanent de la juridiction gracieuse de la ville, sous forme de chirographes *. Cet ensemble, qui se complète ainsi par ces deux manifestations et auquel, mais selon un fait général, ne manquent que des pièces de comptabilité financière et spécialement des comptes, ne semble avoir, par son ancienneté comme par sa richesse, rien d'absolument comparable dans aucune ville flamande. Ainsi se trouvent comblées simultanément les deux lacunes du régime urbain avant 1227.
Cette époque est également celle du développement le plus brillant de l'industrie et du commerce. Non seulement la législation de nombreuses branches de fabrication ou de transit prouve leur existence comme leur variété, mais la floraison de l'économie douaisienne par excellence, la dra-