‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 220 sur 997 · DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE

sepient inconnues, si elle fut peut-être de caractère pacifique, on constate, en tout cas, qu'elle se traduisit par un changement constitutionnel : l'échevinage en place, qui avait à rester de longs mois encore, fut renversé, et les échevins de la petite bourgeoisie, partisans du comte, prirent à sa place le pouvoir pour la première fois ^. A l'intérieur, dès ce moment, on doit commencer à faire table rase de l'organisation existante, à établir une sorte de constitution anti-éclievinale, selon d'ailleurs simplement les promesses de l'acte de septembre 1296. Extérieurement aussi, Gui de Dampierre redevient plus ou moins maître de la ville ^. De là résultèrent deux conséquences, encore interne et externe. Tout d'abord, le 30 avril ^, à titre politique, le comte déclare avoir conclu avec les échevins et la communauté *( qui de no partie sont », une convention par laquelle, en principe, il s'engage à les « restaulir et à les restorer » de toas les « damages » qu'ils ont subis déjà au cours de la guerre et des « dettes « à eux dues par leurs adversaires, et que ces derniers, pour des raisons faciles à comprendre, ne payaient pas : en fait, à cette intention, il pouvait « prendre et lever en se main... toutes les valeurs des contraires ». afin de les « délivrer et départir as bonnes gens » du commun. Le comte ajoute qu'au sujet des matériaux de construction « trouvés », l'euphémisme est joli ! chez les malheureux « contraires )>, et qu'on a employés à (' amender les forteresses »>, il n'en « demandera » rien à la ville. Enfin, au besoin, l'échevinage et un conseil « de soissante hommes esleus pour le commun », éclairciront « qui est réellement « contraire >;. Ainsi, par une continuation et même un développement des principes de 1296, cet acte fait orga-

1. Leur liste, d'après les Listes tnss. de Brassart, est donnée dans Funck- Brentano, 227, n. 2. Seulement M. F. B. dit que Gui de Dampierre « cassa les échev'ins en place et institua un échevinage nouveaii » : c'est attribuer au comte un rôle actif admissible à la rigueur, mais que rien nf pi'ouve (227).

2. Voy. plus haut l'A : il est d'ailleurs assez difficile de préciser exactement à quel moment et jusqu'à quel degré.

'■i. Lettres de Gui, publ. p. Funck-Brentano, 227, n. 5.

niquement revivra le conseil des XL dans celui des LX qui, d'origine également populaire et de nombre plus démocratique encore, sajoute aussi à Féchevinage, et socialement, il est, non seulement un appel à la confiscation des biens des patriciens, une nouvelle promesse d'intervention officielle en ce sens, mais même, probablement, un début d'exécution, fait dans une fin soi-disant nationale : ces idées ou ces réalités paraissent être certainement très simples et très ordinaires à leurs auteurs. D'autre part, du côté militaire, c'est en effet alors que le comte fait réparer « les forteresses » urbaines, peut-être avec les propriétés des patriciens, et y met pour les défendre son fils Guillaume de Crèvecœur ^.

Dans ces conditions, lorsque la guerre commence réellement, la ville est bien flamande. L'année semble se passer sans incidents notables, mais la petite bourgeoisie continue évidemment à se maintenir personnellement au pouvoir ^ et, organiquement, à développer ou à terminer des conquêtes commencées ou des changements inachevés, comme le prouvent, à l'extrême fin de 1297, les simples sanctions que le pouvoir central ne fit sans doute que donner à des modifications déjà accomplies. En effet, l'avant-veille de Noël, apparaissent simultanément, signés par Gui de Dampierre, deux actes essentiels, Fun de but social, l'autre d'application constitutionnelle. Dans le premier ^, le comte définit les deux partis qui forment la ville : à lui-même se rattachent les échevins régnants et « li communs et li communitei » ; inversement, les « home ne famé qu'on tenoit à contraire », sont les

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