DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE
ce qui demeure de plus grave encore peut-être, c'est qu'après le retour du patricien, quoiqu'il soit naturellement rentré en possession de certains de ses biens, il ne peut les avoir tous, car ses adversaires « tienent )-> encore les maisons de location ^ et les lettres ^ et pour ces dernières, par une heureuse habileté, les créances des leliaerts comme celles de leurs propres partisans, gardant évidemment les unes avec l'intention de ne les restituer que moyennant l'annulation des autres ; pour le moment, en tout cas. les ennemis du patricien l'empêchent de jouir des revenus de ses propriétés et de rentrer dans le capital de ses créances. De là, finalement, pour « l'injure, le violence, le despit. le damage et le tort ^ » qu'ils lui ont fait et qu'ils lui continuent, tout à la fois, moralement, mie sorte de haine concentrée, qui paraît bien éclater de temps à autre, surtout dans l'opposition qu'établit le leliaert entre < la vie paisible ■* » qu'il aurait pu mener à Douai sans « li anemi le roy » et l'existence réelle qu'ils lui ont fait subir ^, et aussi plus pratiquement, par suite de ses réclamations mêmes, le désir d'être « restoré des biens > de ses adversaires ^. C'était là une volonté d'autant plus naturelle qu'en principe son auteur ne faisait que suivre l'exemple donné par les gens du commun à son propre détriment et qu'en fait, à leur différence comme aussi à sa supériorité, il entendait seulement recouvrer ce qu'ils lui avaient enlevé par raison sociale peut-être, mais nullement légale '.
Si on laisse de côté l'état intellectuel que supposent et doivent entraîner de telles successions de faits ou d'idées, pour s'en tenir au côté purement réel des choses, le résultat des plaintes du patricien ou d'autres semblables est à vrai