DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE 2S
Il est maintenant possible de se placer d'un point de vi^e social. On sépare alors, d'après les expressions connues, « li grant et li petit », « li grant seigneur et li kemun ^ )>. Mais cette seconde dénomination peut être employée aussi isolément '^ ; il faut en général, sinon toujours, la prendre dans un sens un peu ordinaire et vulgaire qui apparaît d'ailleurs exactement dans l'expression plus explicite de a li commun pueple 3 )) : c'est évidemment le non patriciat, la petite Iwurgeoisie, vraiment « le peuple ».
Cette désignation, au fond essentiellement collective, a déjà par cela même un caractère moins concret que les précédentes : elle sert de transition entre ces derniers termes presque indépendants des éléments individuels, et les suivants de plus en plus abstraits alors. C'est d'abord « la ville >). Si, en effet, ce mot a une extension des plus générales, s'il englobe tout ce qui peut être contenu dans un espace déterminé de quelque point de vue que l'on se place, réalités, individus, institutions, plus ou moins différents de caractères, cependant tout est toujours localisé géographiquement et, par suite, l'ensemble de ces éléments conserve encore une certaine valeur d'ordre matériel, quelque application effective à un endroit désigné : ainsi, est -il naturel que l'expression fondamentale soit (( la ville de Douai * ». D'un usage général très répandu, ce terme est cependant très rarement d'un emploi absolu, mais presque toujours relatif. On dit peu fréquemment que la ville est par elle-même l'origine ou la fin de tel acte ou de tel droit, qu'elle a tel pouvoir ou qu'elle exécute telles manifestations, mais le plus souvent on observe qu'elle contient