DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE
en dépit de son origine économique et de son attribution juridique, mais elle semblait jouir d'une mobilité beaucoup plus grande qu'une terre ou qu'une maison, et relativement, par cela même, elle avait une sorte de tendance à se détacher de « l'avoir ;> sur lequel elle reposait : elle était une des marques du passage de l'économie naturelle à l'économie pécuniaire, apparaissant en un mot comme un revenu de transition ^. Ainsi, la première condition d'entrée dans la bourgeoisie paraissait être l'acquisition d'un héritage, bien foncier ou rente. Les détails sont inconnus, d'ailleurs, et l'on ignore même si un minimum d'achat existait.
Mais deux autres modes d'entrée se rencontrent également. C'est d'abord un séjour de cinq années dans la ville, prouvé par « tiesmoignage de preudonmes que eschevin creissent ^ » : on n'exige pas du postulant personnellement un certificat de propriété, mais on suppose, semble-t-il. qu'au bout d'un séjour aussi long, il n'aura pu faire autrement que de devenir propriétaire. Ensuite, le mariage avec un membre de l'association, accompagné ou suivi d'une résidence dans la ville ^, et en admettant de nouveau que l'individu urbain auquel se joint l'autre intéressé possède aussi un bien communal, confère également le droit de cité. Par conséquent, au fond, les clauses d'assimilation des étrangers aux éléments nés de l'association, pourraient être considérées comme ne variant pas indirectement, puisque c'était toujours un bien foncier qui venait en cause. Mais, visiblement et directement, ces conditions étaient des modes d'entrée d'un caractère de moins en moins réel, de plus en plus personnel : il semble que, par une transformation graduelle du milieu ambiant, on se détachait d'une façon croissante de la terre. Aussi, historiquement, ces prescriptions n'ont-elles dû se manifester que les unes après les autres *.