Voy. t. II, § 40. l°Ba
demeurent surtout un phénomène purement individuel, dont l'explication est souvent malaisée. On ne peut que constater, nous l'avons déjà dit, que suivant les zones, tandis que la première présente toutes les catégories principales de métiers, dans les deux dernières, ceux de l'habillement prennent une prépondérance croissante. Or, ne semble-t-il pas qu'à l'égard des plus rapprochés des futurs bourgeois, qui, avant leur incorporation à la cité, devaient venir facilement à Douai et s'en retourner de même chez eux, la ville ait joué sans peine le rôle de centre de fournisseur de besogne, à un titre très général : les intéressés, dans des buts quelconques variant au besoin pour chacun d'eux, ont pu fort bien se trouver en rapports économiques divers et continus avec l'endroit où ils arriveront à se fixer définitivement un jour et où auparavant ils n'ont cessé de se rendre, croirait-on. comme valets de petits entrepreneurs ou vendeurs de produits de leur travail ? En un mot, Douai fut pour eux, considérés séparément ou en totalité, une sorte de ville de marché permanent. Dans le second district, au contraire, les habitants n'ont connu certainement cette même cité que pour des affaires très isolées et déterminées, par exemple aux foires. Enfin, d'excellentes raisons existent de supposer et d'admettre que les habitants de la dernière zone ne se sont jamais rendus à Douai, mais simplement en ont entendu parler comme centre économique et encore, bien entendu, à certains égards seuls.
Dans ces conditions, les motifs qui amenèrent les immigrants à venir demeurer dans le centre urbain de la Scarpe, ne peuvent que différer selon l'éloignement entre les points de départ et d'arrivée. D'une part, plus les nouveaux bourgeois sont venus de fois à Douai, plus ils ont de raisons multiples d'y demeurer : ils finissent, en somme, par devenir autant des résidents de la cité nouvelle qu'ils restent des habitants de leur village, ils sont presque également urbains et ruraux. On admettrait donc assez volontiers que l'essentiel soit pour eux de quitter la campagne et d'habiter la ville