DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE
SOUS n"iniporte quelle forme économique, si bien que si réellement ils ne prennent pas le métier avec lequel ils apparaissent documentairement. ils pourront en choisir un autre, parce quils sont à priori ou dune façon effective familiers avec toutes les professions. De là, la variété des occupations indiquées, alors quen somme la quantité des renseignements pourrait parfaitement être concentrée sur quelques états économiques seulement. Au contraire, plus les intéressés arrivent dun point éloigné, plus le nombre des motifs distincts qui les incitent à venir doit diminuer et plus une raison unique et précise doit apparaître : on ne se déplace pas de Saint-Omer, de Malines. de Gand ou de Saint-Quentin au hasard, sans une cause déterminée : on ne le fait évidemment que parce que Ton croit pouvoir trouver au centre d'arrivée un certain travail qui. bien probablement, procurera de l'ouvrage. Aussi, on sexplique que non seulement des deux dernières zones par rapport à la première, mais même davantage de la troisième que de la seconde, les nouveaux venus sadonnent de plus en plus à quelques modes seuls de travail. Dans la réalité, on comprendra que ce soient et que ce ne puissent être que ceux qui sont plus particulièrement florissants à Douai à ce moment : cest uniquement pour eux que les émigrés se déplacent et se présentent et non pour dautres. En effet, à mesure que l'on s'éloigîie. ce n'est pas une branche économique quelconque qui peut posséder une réputation et exercer une influence extérieure à cet égard, et qui est capable d'attirer au dedans des travailleurs du dehors, mais c'en est une en particulier qui. pour produire des effets importants à une distance de plus en plus considérable, n'en doit avoir aussi localement que plus d'ampleur propre.
On le voit donc, ces motifs d'attraction, tout en se réduisant dans des conditions numériques absolues, ne cessent de se développer en importance relative et sous un double point de vue. réel et personnel. En eux-mêmes, ils prennent une valeur grandissante ; également, par leurs résultats, ils produisent des conséquences d'une intensité graduelle : leur
caractère et leur application subissent donc deux modifications parallèles. Bref, à l'éloignement croissant du lieu dorigine correspond la disparition croissante aussi de l'attraction générale exercée par la cité, au profit de motifs déterminés de déplacement. L'idée d'aller dans une ville presque quelconque pour une cause à peu près quelconque est remplacée de plus en plus par la volonté de se rendre dans un certain centre urbain pour une raison donnée : c'est l'air de « la » ville qui attire les émigrants les plus rapprochés ; c'est l'air « d'une » ville qui attire les suivants ; c'est le désir de trouver « du » travail qui fait venir les uns, le désir de trouver « un » travail qui entraîne les autres. C'est en somme la confirmation, à une fin particulière, du changement qui a déjà été supposé dans des conditions plus générales.
Il ne faut pas assurément exagérer la valeur des principes que nous avons essayé d'établir : ils n'ont qu'une durée chronologique limitée et, dans cet espace de temps, une application personnelle restreinte : on pourrait donc objecter que ce qui a l'apparence d'une règle peut n'être en réalité que le hasard. Néanmoins, il semble que si, en général, les nouveaux bourgeois sont bien venus de trois zones ayant un éloignement croissant du point d'envoi, un double phénomène d'ordre réel et personnel s'observe à ce sujet. Tout d'abord, à l'égard des districts mêmes, les différences qu'offre l'examen de chacun d'eux sont peut-être plus accusées du premier aux deux autres réunis que du second au troisième pris séparément : d'un côté, une dissemblance de nature se manifeste et, de l'autre, apparaît une simple distinction de degré : c'est que, dans la zone la plus rapprochée. Douai domine exclusivement comme centre urbain, tandis qu'il n'en est plus de même dans les plus éloignées où il influe seulement de moins en moijis. S'il s'agit maintenant des émigrés, les motifs probables d'ordre surtout économique de leur départ, considérés isolément, et les résultats certains de leur arrivée, de forme numérique, examinés en totalité, les uns et les autres présentent des