‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 434 sur 997 · DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE

l'autre et l'on sépare dans un même bien, dans un même tenement. en somme, la partie fondamentale, probablement bâtie et habitée, de la partie secondaire, quelque chose comme les dépendances, Tune nouvelle, l'autre au contraire restée sans changement, celle-là étant, par suite, la transformation de celle-ci. Précisément, entre les emplois isolés et absolus ou complexes et relatifs de ce terme, il n'y a aucune opposition véritable, non seulement en raison de la valeur et de la signification d'ensemble du tenement qui, nous l'avons dit, peut être formé d'éléments distincts, mais aussi de son état et de son usage originels ; en effet, au début, la propriété communale est toujours proprement non bâtie, mais est destinée à ne pas demeurer telle au moins entièrement, si bien que s'il est assez naturel qu'une partie conserve ensuite sa situation ancienne, il est presque forcé que l'autre subisse le changement prévu. Par suite des deux conditions générales ou spéciales précédentes, on peut admettre que, le plus exactement possible, le tenement a le sens de « tenure ;> urbaine ^.

Au contraire, il se réalise en des formes particulières, nettement déterminées, ne serait-ce qu'en principe, et s'opposant au besoin à lui-même comme on vient de le voir. Avant tout, la propriété peut être bâtie ou non bâtie : dans un même élément, on étabht, semble-t-il, d'une façon générale cette distinction en parlant « del fons de le terre » et de « apries le fons de le tiere ^ », sans doute le sol, puis la construction élevée sur lui. Mais, en premier lieu, les parties non bâties sont elles-mêmes de différentes espèces. Le plus souvent ce sont en principe des pièces de terre : seulement à leur sujet une nouvelle distinction mérite d"être faite selon qu'il s'agit de

« 2 maisons tout d'un tenement » (865^, 984) ; « se maisons et ses tenemens estoit... dou menbre et dou tenement des dittes 2 maisons » (942).

1. Inversement. |>(jurc|u<ii <1an.s des cas ([ui ne sont nnllemcnt raies, déoigne-t-on simplement la propriété pai' son tenue technique sans y ajouter l'expression juridique de '. tenement » ? c'est ce que Ton ne saurait absolument pas expliquer. Pour la maison, voy. au xiii^ s. : P.J. 65, 297-298, 339, 379, 465, 824 ; Recueil, nos 25I, 262, 266, 270 ; — xiv^ s. : P.J. 950, 1087.

2. Cette distinction s'applique aux rentes, qui ont aussi une double origine : voy. plus bas « b ».

404 LA VIE URBAINE t)É DOUAI

la banlieue ou de la ville, celle-là étant considérée comme restée plus primitive que la seconde. D'un côté, on ne désigne ces éléments que par leurs termes de mesures agraires « de tant de muis. rasieres ou coupes de terre ^ ^> : c'est que ce sont évidemment des terrains de culture absolument ruraux, tout à fait inchangés depuis Torigine et d'appellation purement économique ^ ; au dedans des murs, ces « pièces de terre )>. ainsi qu'on les nomme alors, ou « places », existent également '^. car tout ne peut être forcément construit, mais l'assimilation avec le genre de biens précédents n'est pas complète à tous égards. Si, pour quelque cause que ce soit, la terre est encore cultivée, la culture apparaît, semble-t-il, sous trois formes différentes. Les (( lieudes * » doivent être nommées tout d'abord, sans qu'il soit possible de spécifier à priori leur nature exacte : on constate cependant qu'un même tenement peut fort bien comprendre d'une façon simultanée plusieurs unités de cet élément et que celui-ci se montre au besoin comme une annexe de la propriété bâtie ^. Relativement, par analogie avec le terme identique connu indiquant une mesure pour céréales, on peut supposer, quoique par simple conjecture, que cette appellation désigne une mesure de superficie agraire et par conséquent une forme de bien non construit, destiné à la culture proprement rurale : en

1. XIII* s. : P.J. 15. 51. 118, 342, 389, 402, 473. 499, 538, 568, 620; — xiv-^ s. : P.J. 886, 917, 1131, 1201, 1245.

2. Le ternie de « pièce de terre » ne se rencontre en soninie presque pas (P.J. 369. 990). ou, d'une façon indirecte, on parlera de tant de mesures de terre situées « en uue ou plusieiu-s pièces de terre > : L^ne : P.J. 378, 604, 1211, 1245, 1266; plusieurs : 64, 331, 536, 662, 989. 1110, 1290); toujours les premières expressions citées dans le texte prédominent siu* celle-ci.

3. P.J. 438, 458, 517, 679, 717, 940. 1059 ; >< place », 63, 786^, 901, 1^, «. 11^, ^, 966. Quelquefois, par analogie avec la désignation précédente, quand il s'agit sans doute seulement d"ime partie de la pièce, on emploie un terme numérique et on parle par exemple de « tant de pies de terre « ; mais outre qu'à linversc de la règle usitée poiu- les champs, l'appellation dernière est plutôt l'exception povu" la ville, elle comporte l'emploi non pas de mesures agi-aii'es de surface, mais de simples mesures de longueur (P.J. 557, 573 ; exception, 327).

Page 1