DEUXIÈME PARTIE. — HIStOtRE JURIDIQUE
somme, on admettrait que les heudes étaient les champs de la ville. De plus, elles s'opposeraient ainsi à deux autres espèces de propriétés, que Ton sait clairement alors être affectées spécialement au jardinage. Conjointement avec les ternies précédents, on mentionne en effet parfois des a jardins ^ » et des « courtils - )>. La première dénomination s'explique d'elle-même. La seconde, assez peu employée, devait avoir une valeur tout à fait connexe, d'autant mieux qu'il est une fois parlé de « trois courtius dans un gardin ^ y. : mais, documentairement, leur différence exacte est impossible à déterminer, à moins que le second terme n"ait, le plus souvent au moins, une signification générale applicable à la forme aussi bien agréable qu'utile de cette espèce de biens, tandis que le courtil aurait été plutôt le potager ou le verger : mais, encore une fois, on ne peut spécifier exactement.
D" autre part, on donne parfois aux « pièces de terre » le qualificatif de <( mde » ou de « wastis ^ » ; le second terme surtout indique qu'une transformation s'est opérée, qu'une habitation a pu exister dans cet endroit, mais, parce que « dekcus et awastis » elle-même, elle est tombée en ruines et a disparu peu à peu : aussi est-il question de « wide plaiche où il eut jadis maison ^ » : cette place est donc redevenue de nouveau ce qu'elle était évidemment par principe, un terrain à bâtir. La propriété bâtie, quand elle existait, était presque sans exception dénommée la « maison ^ ». L'élément beau-
1. Mutations : xiiie s. : P.J. 379, 382, 567, 588, 716, 724, 728, 809, 835 ; — xiv^^s. : 930, 1087, 1132, 1154, 1241. Mentions : P.J. 48, 489, 7862-4, 925, 1092, 1240. « Verger » : 744. « Orteil >> : 804.
2. xiiie s. : P.J. 48, 54, 320, 557, 78614, 852 ; — xiyc s. : P.J. 901, I', 947,
3. P.J. 588. — Cf. dans ïArtois pour les coiu'tils des domaines ruraux, Richard, T. d'Hireçon, 409-410.
6. Exemples singulièrement fréquents, soit de « maison et tenement » (voy. ci-dessus, 462, n. 4), soit de . maison» seule (voy. ci-dessus 463, n. J). — n Maison de piere » (steen), 259^^ 354, 1042. — Voy. dans un même acte plusieurs mentions de « petites >', de « grandes maisons •> et de « maisons de pierre » (P.J. 1042).
coup plus rare, appelé le « manage, manoir » ou « mes ^ » ne devait pas en différer essentiellement, bien qu'ayant sans doute un caractère plus rural. En particulier, d'assez nombreux manoirs se trouvaient dans la banlieue, souvent avec « près, chaingles. haies, courtil et tenement d : c'étaient par conséquent des sortes de maisons de campagne ou plus exactement des genres de fermes avec toutes les dépendances, « le tenement >■> en effet, ainsi que dans la ville. Documentairement, puisqu'au moins à l'intérieur de l'agglomération, les terrains de culture ou de jardinage pouvaient rester isolés ou être joints à la propriété bâtie, elle-même au besoin se montrait seule : il est la plupart du temps impossible de déterminer exactement s'il s'agit exclusivement de la partie construite, par opposition à celle qui ne l'est pas, ou de l'ensemble, dans ce dernier cas, croirait-on, un peu par analogie avec le tenement encore '^.
Si la propriété en général et ses variétés sont habituellement considérées comme un tout, il est cependant assez fréquemment question de « parties ». Tantôt elles ne sont pas autrement spécifiées ^, tantôt numériquement elles varient depuis la moitié jusqu'à mie division quelconque "*, « le onsime » par exemple ^ ; la moitié, en particulier, est un lot assez fréquent ®. Si ces séparations se comprennent aisément pour les éléments non bâtis et si l'on s'explique sans difficulté ce qu'on entend par le « tiers » d'un jardin, il ne saurait en être de même à l'égard du côté bâti, d'autant mieux que les habitations étaient sans doute singulièrement petites.
1. « Manage » : P.J. 891, 973, 1018, 1056, 108(3 ; « inanoii' « : P.J. 3(5, 947, 1218 ; Becueil, n« 358 ; « mes » : P.J. 14, 350, 366, 389, 395, 901, III^.
2. On mentionne également des « liches », sans qu'on puisse préciser la valeur do cette forme do propriété : P.J. 786', 1059, 1149.