Vanderkindere, La Formaiion territoriale
sait que la France acquit, et naturellement au détriment de la Flandre, avec le Boulonnais et le Ternois, l'Artois, ne laissant justement en dehors que Douai et la partie de rOstrevant qui y était attenante.
Dans ces conditions, si Ton songe que. tout à la fois, le roi ne considérait pas ces accroissements comme suffisants et, qu'en fait, il détenait Arras et la vallée supérieure de la Scarpe, il est facile de comprendre qu'il n'ait cessé dès lors de se préoccuper particulièrement de la partie aval et de Douai. Une occasion favorable à ses ambitions ne tarda pas à se présenter. Mathilde, remariée en 1194 avec Eudes de Bourgogne, était déjà à peu près brouillée avec son nouvel époux et. en janvier 1195, se conclut entre elle et le roi le traité bien connu de Pontoise ^ : elle s'engageait à faire jurer au châtelain ou. plus explicitement, au chef militaire de Douai, que. si elle-même mourait ou entrait en religion, bref, si son domaine s'éteignait, il livrerait « les tours » au roi : s'il s'y refusait, ce dernier pouvait détruire toutes ses possessions et disposer de la forteresse sans que la « reine » eut à protester ; en outre, elle ferait ratifier l'accord par la commune. Philippe-Auguste, en vertu de son titre de suzerain, commençait à affirmer bien nettement ses prétentions sur la ville par ce traité qui tire son importance absolue et relative, actuelle et future, et de sa valeur propre, et de ses liens avec tous ceux qui vont être signés entre les souverains et leurs vassaux jusqu'en 1242.
Cependant, à la fin de cette même année, le roi voulant maintenir le comte de Hainaut dans son parti, déclara en sa faveur à Vernon. qu'il déliait Mathilde de ses serments et qu'il renonçait à toute prétention sur Douai 2. Mais on se demande s'il tint ses engagements. En 1197, lorsqu'inaugu-
1. Texte dans Teulet, La>/ettes, I, n" 428 ; cf. Brassart, Château, II, 530 et Cartellieri, III, 148.
2. « Juramenta, que accepimus a comitissa Flandrie super tmribus Duaci et Scluze, quitamus » (Roisin, jPranc/iises... de Lille, 227 ; Delisle, Catalogue (les actes de P. A., n" 447) ; cf. Vanderkindere, Formation. 193 et Cartellieri, III, 148-149,