‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 53 sur 997 · PREMIÈKE PARTIE. HISTOIRE EXTERNE · texte numérisé non relu

PREMIÈKE PARTIE. HISTOIRE EXTERNE

rant ralliance anglo-flamande, Baudouin IX de Flandre s'allia avec Richard d'Angleterre contre Philippe-Auguste dans le dessein de recouvrer les parties perdues de son comté, il se jeta sur la frontière française et paraît s'être emparé de Douai ^ : cette conquête prouve donc que cette ville n'aurait pas été rendue par son possesseur précédent. Quoi qu'il en soit, on sait que la guerre se termina le 2 janvier 1200 avec le traité de Péronne. qui. entre autres clauses, comportait à la mort de Mathilde, le retour de son douaire à la Flandre : néanmoins, la commune, tout spécialement sur l'ordre de Mathilde. dite toujours son « maître )■, et même avec l'autorisation de Baudouin, promit, si ce dernier n'observait pas les stipulations qu'on venait de jurer, de s'allier absolument et à tous égards contre lui et avec le roi. On ne peut oublier en effet que ce dernier, malgré quelques concessions surtout apparentes, conservait aux portes de Douai Arras et Lens et ciu'il créa peut-être même à ce moment le comté d'Artois ; aussi est-il permis d'admettre que ce fut lui qui. d'accord avec la veuve de Philippe d'Alsace, dut fomenter contre le comte de Flandre cet engagement : il n'était au fond que l'analogue de la stipulation du traité de Pontoise et il prouvait excellement le maintien des visées françaises sur la ville.

Mais Mathilde ne mourra qu'en 1218. Une douzaine d'années après l'accord de Péronne, en janvier 1212, lorsque Ferrand et Jeanne se marient ^. Philippe- Auguste trouve encore une occasion d'user de sa méthode et d'appliquer son système. Il exige de nouveau de la ville * le serment de ne

1. Avi moins d'après Willelmus Nciiburgensis, Historia Anylic, S. 6'., XXVII, 2-48 ; cf. Vanderkindere, 195 et Cartellieri, III, 159.

2. Pour le texte du traité, Wauters, Table, III, 12(5 ; la confirmation par Douai dans Finances, P.J. 4 ; cf. Vanderkindere, 196, et Pabst, Ferrand, 59.

3. Une •• alliance conclue " par ■ Jean Sans-Terre avec les habitants de Saint-Amé et de Douai dans la période qui a précédé immédiatement le mariage de Jeanne ■• (Petit-Dutaillis, Louis VIII, 20, n. 1), ne paraît a\-oir produit aucune conséquence effective ou durable ; cf. Pabst, 82.

4. Après rhommage lige de Ferrand le 22 janvier (Wauters, Table, III, 351) ; v<)\'. n. suivante.

pas soutenir son possesseur éventuel en cas de rébellion contre son suzerain direct ^. Le moj^en de montrer leur fidélité ne tarda pas à se présenter pour les Douaisiens. L'année suivante, en mai 1213, au moment où la guerre s'engagea entre Philippe et Ferrand, il semble bien que les habitants, quoiqu'il est vrai, d'après leur propre témoignage, observèrent leur engagement et se tinrent du côté du roi ^. De même, au mois de juin, lorsqu'après l'infructueuse expédition du Dam, Philippe revint de Bruges sur la France, la ville semble s'être donnée à lui sans difficulté ^ *. Il n'y laissa pas moins une garnison ^ et même en emmena mi certain nombre d'otages choisis parmi les plus riches des bourgeois, façon d'agir qui paraît avoir beaucoup scandalisé les Douaisiens, très troublés de ce que « n'ayant pas péché », leur fidélité ait été suspectée par celui même qui en était l'objet ^. Mais le roi prétendait tout conciUer. Dans une confirmation de leurs « bonnes cou-

1. L'acte même n'en est pas resté poui' Douai, mais « scabini Duacenses diccunt quod cum rex Philippins, in desponsatione Fernandi comitis et Johannae comitissse, accepisset seciu'itates a villis Flandriae et similiter a villa Duacensi « etc.. (Querimoniœ Atrebatensiuni,... H. F., XXIV, 256).

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