PREMIÈRE PARTIE. HISTOIRE EXTERNE
tûmes ^ » qu'il leur accorde encore à ce moment même, il constate qu'il leur a pris ces otages et ne veut les leur rendre que si, après avoir vu dans la viUe une « forteresse qui lui convienne » et qu'il ait le pouvoir ou la volonté de posséder, elle « ara esté parfaite à no grei et à no volentei » ; par contre, en remerciement de leur attachement, non seulement il ratifie leur constitution, mais il s'engage à ne pas faire de paix sans eux avec le comte. Puis, comme en raison des possessions de son fils dans l'Artois, ce fut à lui que Philippe- Auguste céda directement la ville, le futur Louis VIII renouvela immédiatement et sous des formes identiques ^ les engagements paternels vis-à-vis de Douai, que le roi actuel
adiiuc tenet atque tenebunt
Francorum reges post ipsum jiu-e perenni ^
Ces vers de Rigord étaient un peu exagérés. Ils le furent surtout pour l'avenir, mais ils ne paraissent pas être non plus tout à fait exacts pour le présent. Si, en fait. Douai semblait bien être aiuiexé à la France, en droit, son attribution était surtout conditionnelle et pour deux causes provenant directement du comte et du roi. C'est parce que le premier n'avait pas observé ses engagements vis-à-vis de l'autre que les Douaisiens, en vertu de leurs promesses faites à celui-ci et dès le traité de Péronne *, s'étaient donnés à lui qui était l'ennemi et également le suzerain de Ferrand ; mais si le vassal devait revenir sur ses errements passés, les Douaisiens pouvaient se considérer comme déliés de leurs promesses et de nouveau, en vertu du même traité, Mathilde morte, la ville retournait au comte. Aussi, de son côté, le roi avait-il eu la précaution de prendre des gages personnels qu'il ne rendra que lorsqu'une situation nouvelle non encore atteinte.
l.O.R. F., XI, 302 ; cf. Wauters, Table, III, 387.