DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE
d'après un principe essentiel, semblent exister entre telles formes originelles et tels modes d'arrangements postérieurs, des relations déterminées. Mais de ces premiers faits ou d'autres quelconques naissent alors, en général, une « aventure », un « débat» qui se produisent '( en dit u en fait ^ » et le plus souvent , sous Tune et l'autre forme. En effet, les adversaires peuvent se dire des (( parolles contentieuses », des injures simplement par conséquent 2 ; mais, après un tel début, il est possible et naturel qu'ils en viennent à une chose plus sérieuse, à une « niellée », un « hustin ^ », qui se réalise par une « enfrainture, afolure, naurure ^ », par des plaies, particulièrement une crevaison d'un œil ^ ; ce peut être même une « caude niellée » suivie de mort ^, bref, un « mortel » fait '^ : on n'est pas sans parler d'individus qui sont « ocis ^ ». Par exemple, les jeunes gens qui se disputent la « bachelete », après des injures, « sacquèrent leurs cousteaulx ». De même, le propriétaire du champ où vient u l'oiseleur », est « esmeu, plain de maltalent et de félon courage » à la vue de l'arrivant, qui pénètre sur ses terres : aussi, lui adresse-t-il « pluseurs injures, le appellant gibet larontel ». lui disant qu'il a endommagé ses « semances ». L'autre « se excusait courtoisement » ; le premier « ne se vost cesser de persévérer en sen mauvais langaige ». Mais l'oiseleur. « qui se sentoit preudons et loyaux, prist un bâton », l'en frappa sur le bras « par tele manière que dicelui cop » le lui <( brisa » : la victime finit par en mourir^. Au reste, en dehors de ces cas bien déterminés, il semble que. par suite de la violence des mœurs et de l'habitude conservée du port des armes, pour
1. P.J. 4201, ^ ^ 667, 998, 1169, 1251, 1275; -. guerre puet inouvoù-.,. comme par fet ou par paroles >< (Beaumanoir, t. II, § 1670).