Préliminaires
Les compétences successives, matérielle, personnelle et locale, méritent bien entendu d"être d'abord examinées. Le différend lui-même paraît présenter plusieurs parties ^.
I. La P.J. 1252 semble particulièrement intéressante parce qu'elle montre les différentes phases de la lutte et nous croyons devoir les analyser ciaprès :
a) Origine. ■ — Un chevalier et trois hommes d'armes forains, venus à Douai et .se trovivant .sur la place du Marché, disent à la servante d'un bourgeois qui passait que, « si ipsa vellet, sibi libenter facerent voluntatem ». — Son maître survenant, « sex vel septeni suis amicis associatus ", s'en prend
Sa cause première n'est pas. à vrai dire, toujours indiquée ^. Mais, si elle est spécifiée, ce peut être, par exemple, une exécution testamentaire ^, ou très différemment une cause politique : dans une réunion, un homme injurie et frappe un adversaire ^ ; puis, <( une jœne bachelete estant... aux estuves de la Vignete », fait Tobjet d'un débat entre un « povre jœnne homs » et un (( charpentier * » ; un individu apprend qu'un autre a prononcé « pluseurs injurieuses paroles et deshonnestes contre l'onnour et estât de sen père ^ » ; ou un homme, « par esbatement ». allant tendre « aux oiselez » dans un champ, rencontre le propriétaire ^ ; ou enfin, au moment de troubles, des gens « gietent » un individu (( en l'euwe' ». Sans être des plus nombreuses, ces indications sur le point de départ primitif, suffisent à montrer qu'il peut être absolument varié, de caractère aussi bien civil que criminel, sans que d'ailleurs,
aux étrangers de leur question et ne se contente pas de leurs explications amiables.
h) Déclaration de guerre (Vune partie. — Le boiu'geois déclare que si les forains « pugnare volebant, pugnam incontinenter reperirent ». Les autres refusent. Le premier rentre chez lui, jurant « quod eis dampnum suorum corporum inferret sine mora ». — Les étrangers, « quia dictus B. multos habet propinquos » à Douai, à l'aide d'un parent, quittent la ville.
c) Guerre. — Le boiu-geois, « totus armatus, quam pluribus suis amicis carnalibus associatus », vient à l'hôtel des forains povu" les insulter.
d) Intervention de Vautorité : trêves. — Les échevins apprennent l'affaire et, ne pouvant trouver les étranger, vont à la maison d'un de leurs parents et « illum invitum cogerunt treugas dare » (il paraissait peu s'inquiéter de ses parents qu'il n'avait pas %'us depuis longtemps). .
e) Déclaration de guerre de Vautre partie. — Les forains, au courant de la conduite du bourgeois, écrivent aux échevins « Cjuod erat intencio eorum eos... vindicare » et leur demandent de le signifier aux bourgeois. Le Magistrat refuse et renvoie la lettre. Les forains leiu" expédient deux messagers pour leur dire que « treugas..., non in aliquo tenere intendebant ».
j ) Rupture des trêves et vengeance sur un parent d'vn adversaire. — Les étrangers, avec deux « amicis suis carnalibus », se rendent à la maison de l'ennemi, rencontrent son frère et le tuent.
g) Demande et obtention de la rémission du pouvoir public.
3. Voy. le fait des guerres de Flandre rapporté ci-dessus 580. n. 3.
7. D\ithillœul. Douai et Lille. 74 ; joindre le fait rapporté P.J. 1252.