P.J. 1.57', (i4Si
7. Brunner, JJ. B. G., J, 221 ; joindre His, Dus iitiajreclit der Fn'cscn, 201-202.
8. P.J. 515, et joindre plus loin pom* les expressions de cette natui-e 604. n. 4.
En somme, les origines des guerres familiales paraissent se développer suivant trois degrés successifs dont la forme a une précision croissante : la cause primitive, de nature juridique — ou au fond économique — quelconque; sa manifestation matérielle, de caractère criminel seul, mais d'application individuelle ; ses conséquences dernières, de valeurs morales et réelles à la fois, mais toujours d'extension collective.
Par suite de la généralité du fait même correspondant à la seconde étape, il semble évident que la compétence matérielle ne supporte aucune restriction et qu'à priori toute faute, si grave soit-elle, est susceptible d'un accord final. Dans ces conditions, pour les cas familiaux, la peine du talion n'existerait pas. Cependant, deux bans échevinaux de la seconde moitié du xiii^ siècle ^ stipulent expressément que l'individu, qui en aura (( occis » un autre, subira le bannissement perpétuel « sor le tieste » ou la peine capitale : s'il lui a été possible de s'échapper, en fait, il ne pourra jamais rentrer dans la ville, même « por pais k'il fesist as amis, ne por autre cose » et cette réconciliation n'empêcherait pas que, si le Magistrat s'emparaît de l'intéressé, « il li couperoit le tieste ». Ainsi, l'accord, bien qu'il ne soit pas impossible entre les adversaires, du moins pour l'autorité semble-t-il rester complètement inutile ; elle n'en tiendrait aucun compte. On admettra donc avoir affaire en cette occasion au délit le plus grave, c'est-à-dire au meurtre, à propos duquel la punition, à la fois administrative et individuelle, contrairement au principe émis, réapparaît. C'est par conséquent, une première preuve de rempiètement du pouvoir urbain sur rententc familiale, puisque, dès l'abord, l'individu est enlevé à son lignage et dévolu à la justice officielle, de telle façon que cette dernière, contrairement à sa théorie générale, non seulement n'impose pas, mais empêche plutôt l'accord.
Cette question est assurément très importante. Sans doute,