DEUXIÈME PARTIE. HISTOIRE JURIDIQUE f
l'égard de l'exécution, tandis que la famille entière devait être, d'une façon ou d'une autre, liée au vieux wergeld, le coupable seul exécutait le pèlerinage et en était responsable : dans l'ensemble, ce n'était vraiment plus la compensation collective matérielle envers autrui, mais l'expiation morale individuelle. En principe, ce mode d'amendement devait donc avoir une valeur supérieure ^. En réalité, l'union de ces réparations n'était pas nécessaire, et l'on ignore même si l'une était plus utile ou indispensable que l'autre ^. Argent et pèlerinage, en tout cas, constituaient bien l'expression extérieure de la satisfaction donnée, la preuve visible du remords ^.
Enfin, ainsi libéré personnellement d'une façon complète, l'agresseur prêtait un nouveau serment, par lequel il déclarait que si ses propres parents avaient subi une offense semblable, ils accepteraient une paix identique à l'accord actuel *. Le sentiment primitif de l'honneur, toujours dominant, considérait encore la vengeance comme un mode de satisfaction supérieur à l'arbitrage : individuellement, la victime ne voulait donc pas paraître accepter ce dernier par crainte, mais cette déclaration qui lui était faite de l'unanimité d'opinion de l'élément adverse au sujet de l'expiation, dégageait entièrement son amour-propre ; en faveur de l'agresseur également, elle mettait à couvert sa propre responsabilité. D'autre part, l'application collective de l'acte n'était pas moins caractéristique, montrant à quel point le débat se trouvait maintenant élargi ^.
Ces diverses forrtialités, « sieremens, escondis, hommages et