‹ La vie urbaine de Douai au moyen age (volume 2)Chapitre 611 sur 997 · DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — HISTOIRE JURIDIQUE

bien caractéristique dans un centre urbain flamand. C'est là une sorte « d'urfehde ^ >' germanique, qui supprime donc définitivement la faide et par suite redonne à la paix urbaine tous ses droits, réserve faite, bien entendu, de l'exécution effective des clauses de l'accord que les parties se jurent mutuellement de ne pas enfreindre -^.

La progression morale ainsi que le genre juridique des paix, paraissent ainsi bien évidents. La première comprend successivement un hommage général de l'agresseur à la victime, qui lui-même se compose de l'affirmation verbale par le coupable de son remords, de son entrée encore spirituelle en vassalité pacifique, de sa réparation réelle et de sa déclaration d'une entente familiale ; puis, viennent un entrebaisement de paix et enfin un contrat de pardon. L'amende honorable unilatérale, en ses divers éléments, élève peu à peu le coupable au niveau moral de son adversaire : les deux actes mutuels alors, et par une conséquence naturelle des faits précédents, mettent en outre graduellement le sceau à la réconciliation, d'abord sous une forme plus sensible, mais temporaire, puis, par un engagement plus interne, mais durable. Dans l'ensemble, le développement se suit bien visiblement et le but proposé au début est, à la fin. parfaitement atteint. D'un autre côté. du point de vue juridique, ce sont les parties qui uniquement agissent et sont en rapports l'une avec l'autre et sous un double mode. En thèse générale et absolue, entre elles seules se succèdent leurs serments, à l'exclusion presque complète du pouvoir administratif, qui ne joue, en quelque sorte, qu'un rôle tout à fait testimonial. On le comprend aisément et on l'a déjà noté : il ne s'agit plus ici d'une séparation purement extérieure, valable presque pour la seule justice, mais d'une

Page 1