FORMATION TOPOGRAPHIQUE
Notre intention n'est pas. on le comprend, de faire la topographie urbaine dans ses détails, en particulier au moment où l'agglomération est arrivée à son achèvement, mais simplement de chercher à décrire son développement dans ses traits généraux, d'essayer de reconstituer, en quelque sorte, son évolution, son « schéma » historiques : en d'autres termes, ce n'est pas la fin que nous avons à considérer, mais les origines, non pas l'aboutissement, mais la formation ^.
1. D'une façon générale, on voudra bien se reporter au plan I publié à la fin du t. IV, ainsi qu'à la double légende qui l'accompagne, celle du plan lui-même et celle que nous avons faite d'autre part. En outre, ce chapitre doit être complété par l'avant-dernier de l'ouvrage (t. ii, § 44), où les remarques qui vont suivi-e sont reprises d'un point de vue spécial. — La Bibliographie de la topographie douaisienne n'existe pas. Les Recherches sur la topogr. ancienne de la v. de D., par Liégeard, ne sont à parcoiu'ir qu'à défaut d'autre travail, mais ne peuvent être consultées qu'avec une précaution particulière ; elles renferment un mauvais plan. Douai... fortifications, qui aurait pu être une histoire réelle de la formation de la ville, n'a pas plus de valeur critique, surtout encore pour les origines, et n'est guère à citer que pour ses plans : voy. les planches 3 (passable, p. 12), 5 (28) et 20 (76). De même, Sando, dans Deventer. On ne peut en somme utiliser que des indications éparses dans les Souvenirs assez précis de Plouvain (voy. titres XIII, ponts, 458 ; XXVI, rues, 526, et moulins, 673), sui'tout dane les divers travaux de Brassart, en particulier dans la Statist. archéol. de Varrondiss. de Douai, 524-544, VHistoire du Château... et d'autres recherches auxquelles nous renverrons au fur et à mesure, et enfin dans la brochure utile de Lépreux, Les rues de Douai. M. Brassart avait bien vovdu également nous communiquer sur la topographie diverses notes manuscrites dont nous avons fait usage à l'occasion.
10 La Villa.
Douai ne semble pas apparaître document airement avant la première moitié du x^ siècle, exactement 930 i. Cependant, on peut se demander si la forme latine commune de son nom, (i Duacum 2 «, ne permettrait pas de supposer tout au moins, selon une règle générale bien connue ^ et dont la région offre, au reste, d'autres exemples *, une origine romaine, ou mieux, gauloise ^, à la ville. On conjecturerait donc que, dès avant la conquête, sur l'emplacement de la future cité, exista quelque part un « œdificium », une exploitation rurale ^, quoique rien de plus. Puis, la Gaule une fois conquise, cette habitation et ses dépendances se transformèrent en une « villa )) avec un « fundus '^ )> et, suivant l'usage, le premier propriétaire, plus ou moins romanisé, dénomma celui-ci de la forme de son cognomen. auquel s'ajouta le suffixe celtique « âcus ^ )). Enfin, à l'époque franque, non seulement mérovingienne tout entière, mais carolingienne dans sa presque totalité, cette villa, à laquelle il faut attribuer le sens de l'agglomération la moins considérable ^, qui n'était certainement
1. Flodoard. Annales, éd. Pertz, S. S., III, 379 ; éd. Lauer, 46. Cf. plus loin § 2, 1".
2. En principe, philologiquement, c'est cette form,e qui a pu le plus directement donner Douai, et, en fait, c'est la forme régulière dans les textes diplomatiques ; mais, la première fois, Flodoard, évidemment par ignorance, parle de Duagium (Ed. Pertz, 379 et 388 ; éd. Lauer, 46 et 81) et de Duvagium (379 et 47'').
3. Voy. bien entendu, d'Arbois de Jubainville, Recherches sur Vorigine de la propriété foncière en Gaule ; résumées du point de vue qui nous occupe dans Giry, Manuel de Diplom., 385-386. Joindre aussi Kurth, La frontière linguistique, 470, 479, 499, plus restrictif d'ailleiu-s, 471 et n. 1.