CHAPITRE T
L'origine et la formation de l'administration, à l'exemple des autres éléments urbains, sont en fait absolument inconnues et on n'en aperçoit aussi que l'état achevé. Mais il va de soi que. d'un côté, au début, l'association a été forcément dirigée par l'autorité centrale et que, de Tautre, à un développement continu, c'est-à-dire à une autonomie croissante et à une émancipation graduelle de sa part, correspond également de plus en plus une vie administrative propre. A priori, celle-ci, comme les autres éléments de la communauté, ne peut donc être, en général, qu'une conséc^uence naturelle et nécessaire de l'existence de cet ensemble personnel : bref, il faut lui reconnaître un point de départ social.
Aussi, par principe, cette administration a-t-elle également une origine urbaine : en d'autres termes, elle est une chose nouvelle, plus peut-être même que la justice. On ne dit jamais, en effet, selon t[uelques exemples connus pour cette dernière ^, ({u'aucinie des parties qui constituent l'administration ait une valeur théorique publique, même si le pouvoir central participe à son exécution. C'est <pie, supposerait-on, la justice, ([ui a une valeur un peu éminente, un caractère un peu abstrait, varie dans ses fonctionnements successifs moins par ses principes . essentiels que par ses applications personnelles. L'administration, au contraire, correspondant directement au côté matériel des organismes ([ui peut se modifier bien davantage, doit changer avec lui plus complè-