Finances, 493, titre
2. Cf. sur cotte question des mercenaires, von Alaun^r, I, § 134. p. 507-513 ; Lau, 255-257 ; Saur, 62-78.
DEUXIÈME TAllTIE. HISTOIRE JURIDIQUE il41
Les « arc'hiers à main » sont à peu près inconnus. On sait seulement qu'ils formaient aussi une « confraerie », dont le chef est encore un » connestable », avec des « confrères de l'arc » ; de plus, la ville les « aide » également par des subventions, soit à Douai même, pour des réunions corporatives « au jour de may » et en vue de « traire le lousignol » ou pour donner un « esbatement » aux confrères des environs, soit au dehors, afin d'aller « traire à un pris du ju de l'ark à main ^ » : ces ressemblances extérieures avec les arbalétriers rendent très probable une similitude d'organisation générale entre les deux K serments ».
Ainsi, l'arniée communale avait une origine et une forme doubles. La véritable milice était constituée par le service tout à la fois obligatoire et personnel des bourgeois, qui s'équipaient, selon leur fortune, à leurs frais, comme fantassins ou cavaliers, la ville préparant le matériel, dont l'emploi était réservé exclusivement aussi à l'association. A tous égards, cet élément avait donc un caractère vraiment urbain. Au contraire, dans les confréries d'arbalétriers et d'archers, l'entrée était facultative, et permise non seulement aux bourgeois, mais aux manants. Leur service était licite même à l'extérieur et toujours rétribué. Aussi, dans l'ensemble, leur nature était-elle déjà beaucoup moins communale. La milice bourgeoise constituait l'une des représentations par excellence du (( pooir de le vile » ; le bourgeois « confrère » se vendait en somme au plus offrant, au besoin peut-être contre sa propre cité. Le principe originel avait donc singulièrement dévié. Ce changement était au fond une conséquence et une manifestation de l'influence grandissante du territoire. C'est que le premier système correspondait essentiellement au passé, et que l'autre annonçait déjà l'avenir.
1. Voy. ci-dessus 939, n, 2 ; joindre Finances, 386, n. 2-3 et Arch. comm., ce 202, p. 360 et 370, et CC 203, p. 477.
B. Les fortifications.
Les fortifications, qu'on appelait en général « la forteresse ^ », ou « viese » ou « darraine », comprirent en effet presque trois enceintes successives. Les époques de leur construction, ne fût-ce qu'approximatives, sont déjà connues^. Le premier mur, celui du castrum, fut certainement d'origine publique. Il fut à peu près absorbé par le second. Celui-ci, en raison de sa situation juridique probablement analogue à celle des waresquais et, par suite, de sa répartition entre les pouvoirs publics féodal et urbain, fut peut-être le résultat d'une collaboration entre l'autorité centrale et l'association ^. A l'époque historique, matériellement, les murs étaient « cretelés », en forme de créneaux, avec des « chevaliers sous le pain », des chevaliers sous la partie supérieure plate du chemin de ronde ; il semble aussi qu'on les couvrait partout de pierres plates. Le fossé plein d'eau baignait les murs à l'extérieur * et peut-être la terre re jetée au dehors formait-elle une sorte de seconde 'défense terminée par une « creste ». Cette enceinte primitive devint rapidement « les Vies murs ^ », qu'on réparait en effet, mais qui, en dépit des efforts du Magistrat, disparaissaient sous la poussée de la ville, les habitants utilisant les j^ierres pour la construction des maisons, l'herbe pour la pâture de leurs bêtes et les eaux pour la marche de leurs usines ®. La
1. Cette expression apparaît au xiii^ s., puis au xiv^ et doit donc surtout s'appliquer successivement à la seconde et à la troisième enceintes : d'une part, P.J. 1938, 2153,5-2161-4-2172-3, 2551*, 519I, ^, 547, I^» ; Finances, P. J. 24, 45 ; de l'autre, P.J. 15352» ; O. F. R., XII, 105-106, § 17, et joindi-e tous les extraits relatifs aux causes de la perception des assises donnés Finances, 248, n. 7.