‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 133 sur 993 · Voy. I. I. ÛU2-67U · texte numérisé non relu

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largement par centaines, on peut le dire sans restriction, il n'y a guère de série d'actes privés où la quantité ajoute moins à la qualité. En raison de cette absence de détails caractéristiques, il suffira de s'en tenir à l'examen de quelques principes généraux.

Tout d'abord, les avances consenties par des particuliers peuvent se diviser à leur tour en deux catégories. Si les prêteurs sont presque toujours, en somme, de même nature, ne cessent d'appartenir au même monde, les débiteurs peuvent être de deux conditions fort dissemblables : il en résulte une dififérence essentielle dans le chiffre et la quantité des prêts. Une corrélation visible existe entre ces trois questions : la qualité des débiteurs, l'importance de leurs emprmits et le nombre des avances.

Le plus souvent, en effet, sinon presque toujours, les prêts sont faits à des individus qui. selon deux principes essentiels, sont sans doute d'état ordinaire et, par ime conséquence naturelle, empruntent des sommes peu élevées, qu'ils soient des habitants de Douai ou de la région ^. Si la situation sociale des premiers, des Douaisiens, est à vrai dire rarement spécifiée, comme, d'une façon générale, leurs noms ne paraissent certainement pas appartenir au patriciat ^, que d'ail-

1. Les remarques relatives à cette forme de prêts sont, dans renseinblo, le résultat de recherches faites dans la totalité des documents privés «"étendant de l'origine au retour de la villo sous la domination flamande, moment à i)artir dutiuel leur nombre devient beaucoup trop considérable pour donner lieu à un examen particvilier, dans une étude forcément générale (Arch. œmm., FF 657-676). Jlême, nos observations se rapportent surtout au xin' siècle, plus caractéristique que la période suivante. Comme la quantité des pièces examinées, ainsi que nous le disons dans le texte, est particulièrement considérable, il nous a été impossible, non sexilement de tout reproduire dans les P.J. ou dans le Recufil, mais même simplement de faire toujours les ii'n\ois aux côtes d'archives. Bonnicr, d'autre part, a publié un certain nombre de ces actes dans les P.J. de son Etiulc critique des rhartis de D. au XHI' «., dont nous avons reproduit nous-même quelques-unes.

2. Dans les ex. suivants, et autant bien entendu qu'on peut le conjecturer, tous les emprunteurs paraissent appartenir au commun, mais il semble que des |)réteurs, les uns soient ))atriciens (P.J. 60, 340, 405, 411. 414, 455, 478, 531, 587. 390, 773, 780, 804, 823. 830, 838, 924), et les autres no le soient pas (315, 369-370, 441, 5(10, 525, 677, 748, ^86, 1051, 1240, 1244),

leurs un certain nombre sont désignés comme de petits patrons indépendants *. que d'autres encore sont des maîtres salariés de la draperie '-. il est parfaitement permis de supposer et d'admettre que ces emprunteurs, pour la plupart, appartiennent au ic commun » douaisien. Rien.au reste, n'est plus naturel. D'autre part, un nombre encore assez élevé de ces débiteurs ne sont pas de la ville qui nous occupe, mais des villages de la région dans un rayon de quatre à cinq lieues, jusqu'aii.K villes importantes enviroiniant Douai et auxquelles ils n'appartiemient jamais. Bien que toute indication .sur leur état social fasse toujours défaut, par suite de leur « habitat », ils étaient forcément des cultivateurs ^ : quelques-uns, mentionnés juridiquement eumme » ehevaliers », étaient sans doute de très petits seigneurs locaux '. On s'explique parfaitement encore ces emprunts d'individus dépendant de l'économie rurale, à d'autres vivant au contraire dans l'économie pécuniaire urbaine. A l'égard des prêteurs, en effet, si la phipart du tt'mj)s nous n'avons aucun renseignement sur leur état social, si seuls quelques-ims .-«mt indiqués comme étant de petits patrons indépendants ou même salariés *. le xiii^ siècle d'abord montre une infériorité certaine des noms du commun et une prédominance importante non douteuse de noms patriciens qui appartiemient. sinon aux mêmes individus, du moins à des membres des mêmes familles ; les grands drapiers, en particulier, fai.saient certainement des prêts nombreux *. Mais, dans la période suivante, cett« supériorité, pour quelque cause que ce soit, paraît

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