‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 146 sur 993 · Finances, 309 ut u · texte numérisé non relu

Finances, 309 ut u

lli'l LA VIE URBAINE DE DOUAI

usures ». Le terme « d'usure » semble bien indiquer qu'ils prêtaient à intérêt et naturellement sans caution : ils n'avaient d'ailleurs aucune raison de ne pas le faire, puisque les particuliers eux-mêmes n'agissaient pas autrement vis-à-vis de l'autorité urbaine. En outre, en 1393, la taule des Lombards avança encore à cette dernière pour le service de ses emprunts 877 Ib., mais dans des conditions que l'on ipuore.

En .second lieu, c'est naturelleincnt avant tout au.\ particuliers que les Lombards servent de banquiers comme d'agents d'affaires. Un certain nombre d'exemples de leurs prêts nous .sont restés pour le dernier quart du xiv<^ siècle *. En général, conclus comme toujours sous la forme de lettres d'obligation, ils sont analogues aux avances faites par les patriciens : il n'y a donc rien de très particulier à en dire. Les prêteurs apparaissent uniquement sous la raison sociale, pourrait-on dire, •< Barthélémy CJaret et ses conipaignons Lombars ». puisqu'en etfet dans la région ils ne forment qu'une .société unique jouissant d'un monopole '^. Des emprunteurs mêmes la situation sociale n'est généralement pas indiquée : quelquefois, ils .sont mentionnés comme étant de petits commerçants ou industriels ; le châtelain devint même, en une occasion, le débiteur de ces banquiers *. Le motif du prêt n'est jamais désigné. Les sommes, toujours stipulées en monnaie d'or, varient entredixet einquanteunités; la moyenne semble être assez élevée, au moins par rapport aux genres de prêts déjà mentionnés : il faut d'ailleurs tenir compte de deux conditions inverses, de la modification réelle du système monétaire et du changement possible de la valeur de l'argent. Les avances sont faites, sans exception encore. " en ses

1. l'.J. 1332, 140,'i (iihliKHlioim 'ir<liiiair<>>i), 121)3 loMiKiitiiui Nin'ciitli'). J44I (pli'^crii') : iiiniH iiouh nvon» iililim'' tiiiiuii un o^rtiiiii iiiunlin- il'iiiitrpa exeiii|iltfH (|u'il ■'■iHit iiiutilo <li< r<-|iri><liiin>. i-ii riiixoii ili- lu Hiiiiilitiidi' ili- fnriix' dp loiiii le» nrt<-M entre imix dont noim HVonH |iiirli'' plim haut. !.,<•« exoinplon de pn-t» «ont d'aillt'iii^ niiniliri'iix dnnB le» nr<'l)ivi>M.

2. 8iir loM Ciaret et lo i^'iiouvi-llomeiit en 13110 par li- pouvoir publir de leur droit d'exploiter une • maifion r>t table ' pour 15 niui dans les cltAtolli>nic« de Lille CI de Douai, .Mon<l. l'.J. 32.

3. U> 24 f<!ivr. I3M4 (Urassart. ChàUau, I. IU7 ; Arch. comm., KK U87).

deniers comptais, sanz aucune villaine convenence. par pur et loial prest > : officiellement, et à l'inverse du principe des emprunts publics, aucun intérêt n'est donc encore exigé. Le remboursement s'exécute selon deux règles à peu près également employées, mais les raisons qui entraînent le choix de chacune nous sont inconnues. Ou il se fait « à le pure volenté » des Lombards, « sanz en prendre autre jour, terme ne respit ». sans fixation de date, par conséquent et presque toujours en une fois ^ ; ou il s'accomplit à un jour déterminé, la plupart du temps dans des délais très brefs d'un à deux mois et généralement aussi par une échéance unique ^. L'ne certaine analogie se manifeste donc entre les deux systèmes de paiements, en raison du peu de Uberté laissée aux emprunteurs à ce sujet. Mais, par cela même, les avances des Lombards se distingueraient peut-être assez nettement des deux genres de prêts déjà connus, et ce serait leur caractéristique la plus intéressante, sinon la seule. Le motif de cette distinction ne se découvre d'aiUeurs pas très clairement : des banquiers étrangers avaient-ils tendance à se montrer plus rigoureux que de simples particuliers ? On ne saurait le préciser. En second lieu, avec ce commerce de l'argent, les Lombards s'occupaient également de la vente des marchandises : on les voit ainsi vendre un cheval ^. Bref, par une double analogie de fond et de forme, et sauf en matière de prêts, une certaine exception relative aux remboursements, les Lombards restaient très semblables aux changeurs antérieurs ou contemporains, et. en particulier, leurs avances mêmes ne différaient guère de celles des patriciens du xiii^ siècle.

Il n'en allait plus tout à fait ainsi avec une banque que nous avons déjà nommée, appelée « le taule des orphenes meures d'eage * ». Elle apparut vers la seconde moitié du xiv'' siècle également, et, de nature mi-privée mi-officielle,

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