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LA VIE UKUAIM: DK DOL'AI, II

2 LA VIE IKBAIXE DE DOCAl

uieiitaire en opposition pour ainsi dire avec sa nature. Nous la connaissons en effet et avant tout par des textes de même origine et de même espèce que la presque totalité des actes qui nous exposent l'organisation constitutionnelle et juridique de la ville, c'est-à-dire par des règlements. On peut écrire sans paradoxe que l'état économique urbain est fondamentalement rcjjrésenté par des pièces juridiques théoriques.

S'il existe à cette règle essentielle des exceptions d'ordre pratique, elles sont fréquemment sans valeur particulière. On po.ssède en effet un grand nombre d'actes privés sous la forme caractéristique de lettres obligatoires, concernant en principe les questions commerciales et industrielles les plus variées. Sans doute ces textes ne sont pas dénués de toute valeur économique, car ils ne peuvent que nous sj)écifier le point précis quelconque, travail ou échange, qui leur a tlonné naissance et leur réunion fournit ainsi un ensemble de renseignements divers et plus ou moins intéressants. Néanmoins, ils ne .se proposent certainement pas de décrire l'affaire dans ses éléments techniques, mais simplement de la légaliser, d'en rendre l'exécution « obligatoire ». Aussi, en dehors de ca.s peu nombreux, après un expo.sé aussi bref que po.ssible, réduit au minimum indispensable à la question, tout le reste de l'acte, en d'autres termes la presque totalité, est renjplie par tles formules de liroit (|ui olïi'cnt un double

ivrLuiiif!» idéfs n'UiiicHilaïui U- chup. iv'-*, ji. ill- \'2'>, di" roinarqut'a i^pnriteH ici, un (ioluini du ci'ttu cuurte Iiitruductiiin, dan» lu fphUi du § 20 l't dmis If f 27). J'iimlrc d'un point di>\nii' ijmiianiqur gt'Mx'ral. Hiiohor, Dir KtiMiliumj drr ynlksirirUrha/l, rhap. l-II, ot Sliodn. Ztir KnMrhunij rfir* <i. Ztinftuttfn», Ul-IUU. Cumin» r<«-lK'r(>hi-s IuouIum, un troiivura di<» puinUi de uuni- ItoraifuinM intt^rttviHiit.K, d'abonl uvf>r riTtnini^ viltt'^ du liiiMHÎn du Rhin, on .\IUMiiat;n«* rt on SiiiMNi*. i^tuditVx, mouh la rlin^ptinn tUt M. von Ht'Iou', au Hujrl di' la • l<<'lM<nHinitti<lpolilik > : puur i^lnubourg «urtuut, dan» )l<'r/.>i|;, Ihr !.. Ml. /). ilrr SId'Il S. ini M. A. ; SrhlrlMiult, dans .Ma) iT, liif L. m. p. lier Hnrhsrladt -S. ; Hait, dan» Knidor, />iV L. m. p. der Stadt B. ; rx y.iirirh, ilanit lli-idinK<'r, Dir L. m. p. drr Slailt '/,., aiiuii <|u'avi>c unt< l'it^ ît*li*«tinn, t'Iorrwr, daiiM l)(irt*n, Studtrn au» drr FiortrUtner WirUchafl»' tirmrhtrhir. 111. Iiii'n «lu'i'ii Ki'-iiiTal <•<>« travaux, iMin(-4<rnaiit avant luut )• lin du M. .\.. w* rap|Hirlont plutôt a unu ôpu4|uu tiu pvu pontértuuru li ovUv que nutia ouiutidiTuiut.

inconvénient : eu soi, elles n'ont qu'un intérêt de procédure, relativement, eUes ne peuvent que se répéter, si bien que nombre de ces pièces se ressemblent à un point tel quelles ne nous apprennent rien de nouveau et de particulier ; bref, on ne saurait trop insister sur ce point, ces actes privés ne sont pas des devis, mais des contrats ^. On peut leur joindre, il est vrai, d'abord quelques documents de statistique intéressants, mais de quantité trop réduite pour être d'une grande utilité encore -. Une dernière pièce offre au contraire un intérêt réellement de premier ordre : c'est l'exécution testamentaire 3 d'un patricien dont nous avons déjà parlé, Jehan Borne Broke, mort vers le début du xiv^ siècle. Comme il était avant tout, ainsi que beaucoup de dirigeants urbains de cette époque, un puissant « entrepreneur de draperie », cet acte se rapporte surtout à l'histoire de l'industrie textile et plus particuhèrement même à son côté social ; mais, puisque cette fabrication faisait le fond de l'économie communale, l'importance du document en question s'en trouve naturelle-

1. Voy. déjà à oe sujet, t. I, 504. De plus, les remarques prédécentes peuvent s'appliquer spécialement aux vins, pour lesquels on ne voit même pas toujours indiquer que l'acte se rapporte à des ôchangos de cet ordre (par ex. P.J. 442. 448-450. 456. 459. 484. 522, etc.); aux emprunts, dont les motifs ne sont jamais mentionnés (voy. plus loin, § 27 ) ; à l'alimentation en général et en particulier au blé dont le commerce si important, nialgié des actes très nombreux, demeure pourtant bien obscur (§ 28<1), même aux moulins, malgré une série de pièces en somme intéressantes, mais où les exploitations, lorstju'elles sont échangées, no sont jamais décrites (exception dans P.J. 1520) ; d'autre part, <|U('lques actes concernant les sociétés (voy. 929. 1430), les documents relatifs à la navigation de la Scarpe (voy. surtout 1416), au commerce des bois (1314, 1348), certains textes relatifs aux travaux de construction (974, 1194) en moyenne donnent im peu plus de détails ou contiennent de véritables descriptions d'industries ou de travaux : bref, ayant un caractère plus économique, ils ont aussi une valeiu- générale plus grande.

2. P.J. 1472 ; et Recueil, n»" 338 et 341, deux j rolles des estalages des drapiers aux halles » ; on trouvera des ■< rolles <> analogues pour le» autres métiers dans les comptes mêmes de 1324-25 (Arch. coinm.. CC 199 Ifr, IV-VI) ; joindre enfin ime liste des " persones qui ont prins le muiage par devant escliii'vins « de 1368 à 1401, sans giand intérêt d'ailleurs (registre de la série H H).

3. Publ. lîrriicil. u" 328 ; voy. notre étude sur Jehan Boinehroke, et ici même, plus loin, § 34. 2" et 43. 2 "".

ment très accnu-, it il présente une valeur générale. De plus, BoineBrokene se montre pas seulement en rapports avec les travailleur; de son ex})l()itation. mais aussi avec d'autres petits industriels et cuinmerçaiits indépendants. Un tel document nous permet donc de faire revivre, au moment même de la révolution des guerres de Flandre, la vie urbaine sous plusieurs de ses aspects les plus essentiels et avec ses différentes classes sociales, comme par sa forme elle constitue de l'histoire réellement " vécue ".

Mais les textes de ce genre sont uniques, alors que nous possédons une abondance d'ordonnances. Or, la seule existence de ces dernières a, absolument, une importance qui est loin d'être négligeable. Elle (lén\ontre jusqu'à l'évidence, quelque banale que soit cette constatation, que la ville réglementait toutes les matières industrielles et commerciales. Or. il ne viendrait à l'esprit de quiconque de s'étonner que le pouvoir urbain ait légiféré sur tout ee qui touchait à l'iulministration et à la justice ; c'étaient des sujets codifiables par i-.\eellenee et il est permis de po.^er en principe qu'aucun ne le .serait s'ils ne l'étaient pas. Mais, à jjremière vue du moins, on est infiniment surpris de voir la ville soumettre à sa réglementation, et nous verrons jusqu'à quel degré même, des questions (|ui, par essence, semblent plutôt devoir \ échapper, pour lesquelles on admettrait volontiers que la cause essentielle tie tout développement est l'absence à peu j)rès i-ompicte il'une législation et l'existence d'une liberté presque ab.solue. bref, où l'idéal serait constitué par ce qu'il serait permis d'appeler avant le temps « le régime du lais.ser faire, laisser pa.-iser ». On peut s'étonner d'autant plus de la réalité de cette codification tpi'elle n'est luillement l'u'uvre d'individus étrangers au.x alTain-s, n'ayant aucune idée di' la liberté et de la sr)uplesse néce.s.sairos à la vie économique et réglementant par ignorance, par simple plaisir de légiférer ou <lans un but de traca.s.-^erie administrative ; mais, au contraire, ses auteurs vivent de cette existeiu-e dont ils parlent et s'y .sont engagés uiêine autant qu'il est possible

de le faire. Bien mieux, à certains égard.t du moins et pour le côté le plus important, la draperie, ils dirigent cette même vie. Ainsi, ces règlements sont émanés persomiellement des intéressés auxquels Us s'appliquent avant tout : on pourrait presque s'imaginer qu'ils sont dirigés contre ceux dont ils proviennent.

Mais c'est que, dans l'ensemble, en cette matière comme en toute autre, il est indispensable d'avoir des règlements. Ne serait-ce que d'un point de vue générique et idéal, quel phénomène résume et repré.sente. si Ton veut, la ville tout entière, mais en particulier sa vie économique ? A quelle manifestation l'une et l'autre aboutissent-elles ? Quel est le signe qui distingue et fait mie bonne ville « notable et congneute ^ » et en même temps loppose au plat paj'S ? c'est la réunion commerciale régulière, c'est le marché ^. Or. que serait ce dernier sans codification l Lun ne pourrait vraiment fonctionner sans l'autre, puisquen l'absence d'ordonnances, les industriels et les commerçants ne sauraient se livrer à aucune opération qui puisse être considérée comme valable et que, par suite, en cas de difficultés, ils n'auraient aucun recours contre les individus qui en seraient les auteurs. En conséquence, une réglementation n'est pas moins utile dans les divers éléments économiques de la ville, qui tous se rattachent plus ou moins directement à leur point d'origine ou d'aboutissement, le marché encore. Douai est évidemment ime bonne ville qui a des réunions commerciales régulières, elle doit donc avoir une organisation législative économique analogue à celle des autres cités de même ordre, afin qu'elle puisse entrer en rapports avec ces dernières. Ainsi, dans deux parties très di.stinctes, mais par cela même d'autant plus intéressantes à faire connaître, dans l'indu-strie drapière et dans le commerce d'alimentation, on interdit d'accepter comme maîtres tisserands et d'acheter comme moutons et

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