‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 220 sur 993 · Kiitlip-n, lUr KnMrhiimi rirr Màrkir. ri\.!i · texte numérisé non relu

Kiitlip-n, lUr KnMrhiimi rirr Màrkir. ri\.!i

données les circonstances de fond et de forme qui entourent la concession, ne saurait faire de doute. Cette .solennité religieuse attirant forcément une certaine quantité de population, devant par suite dév^elopper le mouvement des échanges, semblait être le moment économique le plus avantageux pour la création d'une foire ^ ; en outre, du côté financier, les réunions commerciales de cette nature fournissaient les occasions les plus favorables pour accorder aux pouvoirs intéressés la jouissance du tonlieu en général, d'un impôt sur les échanges, sinon sur le transit, et plus particulièrement d'une taxe sur les étalages ^. Cette concession n'est donc qu'un exemple entre des multitudes d'autres, et ce qui n'a pas une valeur moins générale pour cette époque, c'est la nature économique ou plutôt anti-économique du privilège. Il va de soi qu'il n'a qu'une fin entièrement ecclésiastique et fiscale ^. L'Eglise, en effet, avait et n'a cessé d'avoir des intérêts réels, sinon trop opposés, du moins trop distincts de ceux de l'agglomération, pour que tout acte qui la favorisait put contribuer en même temps d'une façon directe et expresse à la prospérité urbaine. On ne saurait évidemment prétendre que la foire, comme toutes les réunions similaires, fut absolument inutile au développement de la viUe, mais il importe de ne pas oublier qu'elle avait en somme exclusivement pour but et qu'elle dut avoir surtout pour résultat de développer financièrement l'Eglise et rien de plus : le reste venait tout à fait par surcroît. Dans ces conditions, il paraît être permis de conclure que cette réunion, suivant un principe contemporain essentiel, n'eut à peu près rien d'urbain.

Son histoire et les détails de son organisation sont des plus mal connus. Après sa fondation, on n'en possède qu'une unique mention et beaucoup plus récente, de 13G2-13C3 *.

1. Rathgon. 3. 57. 59-61 ; HuvRliii. U Droit des Marchés, 40-47.

2. Katheen. 15-22, 44-50; Huvoliii, 155-158; Rietschel. Markt u. Stadt. 20-22.

.3. Rathpon. !). 15 ; Huvelin, 158.

4. Artos (Im i; ort. 13(12 ot du 3(1 murs 13(i3 (Arrh. rnmm., laycttc 149).

Oïl conjecturerait, craprès un exemple similaire que nous verrons, quelle se tenait dans lenceinte de l'église ^. Elle durait, et on le constate dès le x*" siècle, de l'heure de none du jour de la fête au lendemain à celle de vêpres, en somme entre tleux vêpres ou environ pendant vingt-quatre heures : ce n'était donc pas un temps bien considérable. En 1362, à l'occasion d'un ])rocès survenu entre la Collégiale et la ville au sujet de la perception même des droits -. la première prétendit que sa concession « comprenait le tonUeu sur toutes les denrées... vendues au Rivage » et les « forages des vins aflForés et cries n : il ne manque à cet ensemble que le droit d'étalage proprement dit, mais s'il n'est pas compris dans le premier élément, le tonlieu. c'e.^t qu'il n'entre pas dans la discussion judiciaire. Quant à la foire même en tant que phénomène économique, il n'en est aucunement question : ainsi que cela a dîi .se passer plus ou moins dès l'origine, on ne fait allusion ou l'Eglise ne s'intéresse ici qu'au côté fiscal de la question.

La collégiale de Saint-Pierre avait obtenu, dans des conditions que nous ignorons, sans doute à mu* époque également reculée, une concession analogue à la précédente ^. La réunion se tenait la veille et le jour de la fête de Saint -Pierre aux Liens, le 30 juillet et le l*"'' août, soit dans l'église sous 1" > atrium >. soit dans toute autre partie du territoire soumis à l'autorité éehevinale et de none à none. c'est-à-dire dans des conditions de lieu.de temps et de durée comparables à celles de la première « fe.ste ». Son caractère général devait d'autant moins

1. Voy. oi-aprèH la foirp de la oollc^gialf Saint -Piorn- ; rf. on «i^nf^ral Huvelin. 44-4.'>.

2. Le di^bat portait xnr deux pnintH NiNViatix : d'abord, deux < inarchana do tfol ' à Tiiurnai rtniiMit n'fuHHiit do pniior om dis do S. .-\inô o<iii|m* ot demie do sel pour oaiiw du limliou d'uuo navi^- do wl par ouK niiw à vente au Kivapi"... on eolli nuit ot jour S. .\m<^ -. do I3.'>!>; puiM. • li rriontt de« vina de le diolo ville... avoil o«t<^ en deflauto do paiior an di»... un lot de vin do forage pour les vins par lui rriion ot afloriSi... le nuit ot jour de le festo..., ou moiM d'ootenibre ISAS ■ (.Voie du 30 niarii LtOS). I,^ oolli^giale atta<|ua les riScaloitranlM que Houtenaiont !(■« oohevinH : l'afTairo ne termina i\ la dat« prtViVIonte par un roniproinin on faveur do rKfdiRe.

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