‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 231 sur 993 · P..I. 1300 01 voy. t. I · texte numérisé non relu

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Toutes ces réglementations, il convient de l'ajouter, si développées ou si réduites soient-elles, ne considèrent jamais, en tout cas, que l'état normal pendant lequel les prix courants, officiels ou privés, doivent et peuvent être pratiqués. Quant à une hausse possible des « fœurs », provenant dune raréfaction de la marchandise amenée pour un motif atmosphérique ou résultant d'un autre motif, on sait seulement que la ville s'efforçait de la prévenir, à certains égards tout au moins, par toutes les dispositions concernant l'accaparement. iNIais si l'élévation des prix se produisait, nous ignorons et ne pouvons supposer quelles mesures prenait la ville en vue d'y remédier.

Ainsi, en principe, la politique interventionniste de la commune l'amenait naturellement à s'occuper de la tarification ; en fait, elle ne légiférait que lorsque, pour ainsi dire, elle ne pouvait pas agir autrement : que l'objet alimentaire, brut ou fabriqué, fut trop ordinaire, trop luxueux ou trop complexe, elle le lai.ssait de côté. Il semble que l'administration voulait bien assurer aux membres de la communauté le minimum essentiel de la vie dans les meilleures conditions possibles, mais elle avait la sagesse ou l'obligation de se hmiter à un rôle élémentaire et général ^

Les paiements comportaient comme principe préalable que si « le denrée n'est loiaus » et que par suite l'acheteur « vœlt ravoir sen argent, que li venderes li renge » : le versement était donc annulé et le remboursement imposé '■', Cette condition établie, les règlements pouvaient, bien entendu, s'exécuter au comptant ou à terme, mais le premier système n'est guère mentionné C)ue théoriquement et le secontl apparaît seul dans la pratique.

En pn-mier lieu, quatre dispositions réglementaires extraites de bans échevinaux du milieu ilu xiii'' siècle, sont relatives

1. Voy. qiipiqiio» r<>n«oi)fn<>nii>nt« mir la qiiMition <1mi prix pour liniTrlUt, danH Do.i Marez. L'organintlion du trarail, 307-371 : joindre plu» haut 14. n. 1.

au paiement immédiat des vins, des fruits, du blé et du poisson de mer. Tout d'abord, dans les tavernes où s'achète le vin « à broke », au détail, se trouve dans la salle intérieure de consommation comme au « bufïet » de la rue. sorte de débit pour les passants, un individu qui « siet por les deniers rechevoir ^ » : les acheteurs par petites quantités doivent donc régler immédiatement leurs achats et on le constate dans la pratique ^. D'autre part, les valets et les garçons de fruitiers ont l'ordre de ne pas garder l'argent provenant chaque jour des ventes qu'ils ont faites pour le compte de leurs maîtres, mais de le rendre à ces derniers « à cascune vesprée », vers le .soir : c'est donc que pendant la journée ils ont reçu l'argent aussitôt les ventes faites ^. Puis, les boulangers qui, sur le marché au blé, achètent du froment aux marchands, doivent le payer sur le lieu même ou à l'hôtellerie des vendeurs et au plus tard « à nonne * ». Enfin, les vendeurs locaux de poisson de mer ont à s'occuper de faire rembourser aux importateurs proprement dits, d'origine surtout étrangère, les achats faits par les consommateurs le jour même de leur exécution ^. Si l'on cherche une explication à ces modes de paiements similaires, tout d'abord le remboursement des achats de vins et de fruits se justifie à la rigueur comme se rapportant à des acquisitions de peu d'importance qu'il semble sans doute plus simple de régler .'^ur-le-champ ; et le paiement immédiat des échanges de blé et de poisson se comprend en raison du caractère étranger des vendeurs, probable dans le prem.ier cas. certain dans le second. Mais, dans l'ensemble, '

2. Pendant la giierro de Douai-LUle, on constate à ce sujet deux faits intéres.'îant.s : tout d'abord un individii qui « avoit bu du \'in de Rocielle à le maison » d'un tavernier évidemment, < se discorda que il ne vot mie paier sen escot » (Duthillœul, 101-102); d'autre part, voy. l'ensemble des dispositions relatives à « Ernous Le Goudalier . probablement im brasseur marchand de vin : des « josteurs » de Lille avaient fait des <i fret à se maison », des Donaisiens " demorent por conte et por paier » (Id., 67-72). Cf. dans le Poitou, Boissonnade. Le Poitou, I, 229.

rapj)lioation pratique de ce système de renilxiiirsement reste indéterminée et. au fond, on doit se contenter de prendre acte de ces prescriptions. Dans la réalité, le paiement en « deniers contans » se constate (ruiie façtm aussi rare que possible^. Le seul sy.stème documentairement usité est ainsi celui des paiements à terme pour lesquels, au contraire, tout règlement fait défaut. Quelques dispositions théoriques stipulent l)ieii que les versements s'exécuteront « en telle monnoie qu'il courra communalment à pain, à char, à vin « au jour de l'échéance ■-• *: maisun tel ordre indique simplement l'existence d"un paiement non immédiat et rien de plus. On ne possède donc sur cette question que des actes de droit privé relatifs à des échanges Ineau.x ou extérieurs. Bien qu'ils ne soient pas dénués de tout intérêt, la diversité des marchandises auxquelles ils se rapportent, mais l'absence certainement beaucoup plus marquante encore des économies qui n'}- sont pas * ou y sont à peine représentées *, la longueur du temps sur lequel s'espacent certaines séries de pièces *. alors que d'autres catégories manquent absolument pour des périodes entières '. d'autre part, le caractère de formules toujours semblables que présentent, une fois de plus, tous ces actes, différant bien par des variations dans les quantités, les prix, les échéances, mais sans que ces changements reçoivent et puissent recevoir la moindre explication, par suite,

2. D'une part. I'..J. 2.'■)2'^ 278'2. 1263. p. 419 : de l'autre, Rrntril, n<" 34t5. p. 23(i, I. ti.7, .•J.'il, p. 248, I. 22, 353. p. 2r,r,. I. 4-.').

3. Cette expresxion, coniiiclérée du point de vue nionélHire. Hifniifîe, d'âpre M. Tourneur, « le eours «jiie )h nionnnie artt^ienne ( -• fltiintinde ou oonitalo, d'ftpreH l'auteur : 3(1.5) aura en ce moment ' dans la ville en (|UeHtion (Tourneur, De la naliirr, ele..., 308, n. 2).

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