‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 345 sur 993 · rtrci/i./. Il- 380'« et »*. 3»1»* l't · texte numérisé non relu

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En second lieu, à regard de l'importation ^. on mentionne, comme chausses introduites, des « cauces de saie », ce qui tend à faire croire à l'existence d'autres espèces. Cette composition était en tout cas très compréhensible, puisque les saies, étoffes plutôt inférieures, étaient sans doute particulièrement propres à la confection des chausses. Ces objets, quels qu'ils fu.ssent. devaient être « aussi pleins devens que dehors à un polc pries ». Faut-il conjecturer, ce qui paraîtrait assez normal, qu'ils se composaient de deux morceaux d'étoffes superposés dont l'intérieur était absolument semblable à l'extérieur, en particulier comme étendue, afin que le tout fût aussi solide que possible i On interdisait d'employer pour leur confection « flocons ne gratuises ^ », des détritus du tissage en général, ces matières ne devant pas entrer dans la fabrication des saies elles-mêmes ou ne pouvant être placées entre les deux étoffes de façon à rembourrer la chaus.se. On indique enfin les « la.snieres », évidemment simples courroies de cuir servant à attacher les chausses selon une technique que nous ignorons complètement .

La provenance des marchandises, par un hasard singulier, nous est mieux connue que dans aucun autre cas. Des chausses arrivaient d'Arras, de Cambrai, de Valenciennes, de Tournai et de « Flamengheric ». ou. comme nn l'indique plus en détail, d'Estaires, de Furncs et d'Ypres ' ; dans l'ensemble donc, toute la région environnant Douai servait à cette production. Les objets devaient être « ensaingnies de fil blanc, gau.sne ou vermeil, à l'ensaingne » de la ville d'envoi et « as lasnieres » : ce fil qui se distinguait, on s'en rend compte, par sa couleur suivant la cité, s'attachait sans aucun doute aux lanières pour être très visible et constituait la marque de fabrication du lieu de confection. La marchandise était probablement empaquetée, car, après l'inspection des esgardeurs, on la

1. Voy. pour cette partie If linii reproduit dans la VJ- 206.

« desloiait * » ; on avait refait évidemment les paquets.

L'endroit de la vente est inconnu : peut-être, comme nous l'avons conjecturé, les chausses s'écoulaient-elles aux halles. En tout cas. leur échange se faisait au détail. L'existence d'esgardeurs particuliers à cette économie .senii)lait être ime preuve de son importance ^.

Les vendeurs urbains existaient -ils réellement et. en cas d'affirmative, étaient-ils industriels-commerçants ou purement commerçants '. on ne saurait le décider. D'autre ])art. des c( hom ne fenie deforain » apportaient les mêmes marchandises 0 por vendre » et Ic;» « tiengnaient à vendage ' ».

Ij) La rhm'iir *.

La vicscrie comprenait des » biens meubles-'" » qui, en réalité, ne paraissaient être que des objets textiles et même, parmi ceux-ci, presque uniqucTuent que des vêtements, lis pouvaient être " noefs ». et c'est d'ailleurs connue semblant .se trouver en cet état qu'on leur imposait certaines qualités. Au fond, s'ils n'avaient j)as encore servi, il était possible oepeiidaiil (|u'ils ne tussent |iius neufs, nuiis anciens : de là, le nom signilicatif île « reveiuleurs de biens » donné aux commerçants (|ui les écoulaient ". Quoi qu'il en soit, on mentionne en particulier des draps et des ■■ eo])pons », peut-être des morceaux d'étoffes de nature indéterminée, puis les « eauches I' : les inis et les autres devaient être bien « retraits », (pialité résidtânt sans doute du tondage '. On stipule le

'i. Voy. oi-dewiiiM ItSh ut n. 2.

:i. r.j. 2till'.

4. \'ny. A n* Hiij#»t lii stiiIp pi^rr roiiM»r\'i'f. un l>iiii roprodiiif dfiiiH In J'..l. HtlT. O r^Kleniniit . (l'uilliMirH niunz <'<irnplt>k(>, riir il a iH6 (wrtHiiitiinrnl n'-diur 'i Iroi» ('■|>iH|iiex <litTi'-n"nt«~» (voy. l'iiiilicnliiiii cli-n wnircx-ity, nMifiTinc" •|iii-l(|iirti S qui winhlf'iit iip !«• nipporl«'r en rir'ii nu Mujot, coinini' \vn f 9- 10 rt 17. <■! <raiitmi tr^H nbnruni, loin ipin les f 18-20.

li. J 21. 25-27.

même caractère technique pour la « bloucque » et les « habis nœfs de blouque ». Venaient aussi des pelleteries, qui étaient « escavechies » avec « les queues rompues i ». D'autre part, le^ viesiers vendaient des « ouvrages de tapisserie ou de sargerie, couvertoirs, sarges, banquiers », qu'ils fussent ou non « ourmillies », garnis de dentelle -.

La provenance de tous ces objets était locale ou extérieure. Dans le premier cas, ils avaient une origine également double : ils étaient « li fourfait des execucions de justice ou de testamens », le résultat de ventes faites à la suite de saisies ou de morts et dans Fensemble, croirait-on, la conséquence d'affaires embarrassées '. On interdisait par suite à qui que ce fût et dans n'importe quelles conditions, de mêler aux meubles de cette provenance d'autres objets identiques, mais ayant une origine juridique différente *. Aussi, les viesiers n'avaientils pas le droit de faire leurs achats la nuit « en fraude et en decepcion des hostaiges... et des creanchiers », évidemment de tous ceux qui jouissaient de quelque droit sur les maisons et sur les meubles, mais les débiteurs devaient les écouler M au marchie ou sur la rue au devant de leurs maisons », au su et au vu des créanciers en général ^. C'était sans doute dans ces conditions que les viesiers avaient la faculté de s'en rendre acquéreurs. Mais, en second lieu, la vieserie était aussi importée « en fardiels » qu'on (( desloyait ^ » : on manque de tout renseignement sur l'origine géographique ou juridique de ce genre du commerce en question.

Quelle que fût la provenance de ces biens meubles, ils ne paraissaient se vendre que sous une forme publique, au marché au blé ' : on ne fait jamais allusion à des boutiques de viesiers

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