ov. l'alinéa suivant
ment le domaine souverain. Comme toujours, ces droits publics se sont dabord localisés, puis, tout à la fois, urbanisés et féodalisés : cette succession et cette division ne .sont qu'une application particulière d'une loi générale '. En premier lieu, le comte exerce d'abord son pouvoir à l'aide de son officier local, le vicecomes. puis, celui-ci s'émancipant peu à peu, féodalise à son profit des droits pour lesquels il n'avait primitivement que le rôle de chargé d'afl'aires. C'est ainsi qu'originairement, à la fin du xi^ .siècle et au début du xii^, un vicomte, également « avoué » de Saint-Amé. lui « attribue « un moidin qui avait sans doute appartenu autrefois au pouvoir public - : d'abord, la cession fut faite « avec l'as.sentiment » du seigneur du châtelain, du comte Robert le Frison., et en.suite, le successeur de ce dernier, Robert II, « reconnut clairement » ce bien à l'Eglise. Or. la situation du donateur comme vicecomes. comme intermédiaire, est donc très nettement marquée, puisqu'il n'agit d'une façon expresse qu'avec l'approbation de son chef, et en même temps, ce petit fait paraît poser en principe que les propriétaires réels de l'usine, ancien et nouveau, n'e.xercent cependant leur droit utile qu'avec le consentement du propriiHaire primitif resté seigneur éminent : il est même particulièrement intéressant de constater que non seulement l'approbation du suzerain au moment de la mutation, mais la reconnaissance de .son successeur après le transfert, sont ou paraissent être nécessaires. 11 semble qu'à chaque changement comtal. une confirmation ilii l)ien. par suite de .son origine publique et de son caractère féodal, soit obligatoire '.
Postérieurement, h ré])oque eomnnmale. à Vitrv. le châtelain « a » seul sa rivièir. la propriété réelle du cours de
1. Vuy. t. I, mt-lM. — Sur la fi''<Hlnlii<aliuii d(>H inoiiliiiH, voy. [xtur VAlUmainie en Ki^iKTttl, IiiainHSt<'rii('KK- D.W.O., II. 293 cl III*, 9(1; |iour la SuUêr. KpIIit, 23-26.
2. I'..). 2, •■! jiiiiidre un pxtrait (li> In cliiirto ilo 1(170 ciUS ci-doH8UH 402, n. S.
3. La pro|>rit't<i ('•ininnito du ci>iiil<- |uiriiit i-lro ciicuru pruuvii*. par lul'.J. 1, puuM|U<' i-'<<Nt ik lui qu'un individu, muih dnuU* un prupriétairo, • rend • un niuulin qu'il redoiuiu à Saiiit-.\ini' : c« doctutient oat d'ailloun aawa peu clair.
la Scarpe. si importante pour le fonctionnement des moulins de Douai même^ : aussi, ce doit être à lui seul également que la réfection des <( estanq«es » de cette localité et d'une agglomération voisine, où il a évidemment la police, est payée par l'ensemble des meuniers douaisiens ; c'est encore seul, mais pour Vitry exclusivement, que ce même seigneur fournit aux meuniers « deseure » un « bacquet », afin d'exécuter trois fauchaisons de l'herbe de la rivière, comme iiaversement c'est à lui que les exploitants payent à chacune de ces opérations une petite somme d'argent et, à la première, versent une redevance d'im quart de froment -. La provenance et la nature primitive de cet ensemble de droits et de devoirs qui, en général, afifectent une forme naturelle, s'expUquent parfaitement, croirait-on, si l'on admet leur origine pubMque et ne se compreiment que dans ces conditions : seul, le pouvoir souverain, avant l'établissement de la communauté, comme propriétaire éminent de l'eau et des établissements qui s'en servaient, a pu imposer à la totahté de le\irs exploitants des obligations de cette nature et en prendre aussi à leur égard ; en outre, la forme de ces redevances est une preuve de plus de leur ancienneté. D'autre part, c'est parce que le châtelain a acquis la propriété utile de l'eau qu'il a pu établir entre lui et les moulins des rapports semblables. Ce sont donc bien là les preuves d'une organisation générale que le vicomte fut d'abord chargé d'appliquer juridiquement et qu'il détourna ensuite utilement dans son intérêt persormel.
Mais ces privilèges ne sont aussi que des débris d'un ensemble disparu, car si à l'origine, réserve faite de la haute justice proprement dite, les droits éminents et réels du châtelain purent comprendre, en somme, tous ceux du comte, le premier seigneur fut très loin de les conserver dans leur intégrité : à Douai même, vers les débuts du xu^ siècle, il perdit tout ])ouvoir. au profit, d'une part, de l'autorité urbaine, et de l'autre, d'un de ses anciens officiers émancipé à son tour