HISTOIRE SOCIALE
L'histoire sociale de toute la vie économique précédente nous est le plus souvent mal connue, aussi bien du côté théorique que pratique. Les stipulations réglementaires ne constituent pas des textes spéciaux et se réduisent à certaines dispositions de documents d'ordre général déjà examinés sous d'autres rapports : d'autre part, quelques rares pièces d'application seulement nous ont été conservées ^.
1° L'organisation juridique.
A) L'état réel.
La question de l'organi-satiou du travail peut être envisagée de deux points de vue différents, se rapportant à la journée d'occupation et à la quantité quotidierme des objets à manipuler.
Sur le prcMuier sujet, nous sont restés quelques renseignements relatifs à certaines branches commerciales ou industrielles. Dans le négoce pur, les « navieurs » de la Scarpe ne devaient pas travailler la nuit, ni de jour le samedi après none. les dimanches et " es autres festes ordenées à warder par le coustume de le rivière * ». Pour l'alimentation, à l'égard
1. On ne peut citer que les P.J. 1006, 1095, 1506, et Recueil, n" 328, en |)artie.
(le la l)(>iulu rie et au moins en été, on défendait, senible-t-il, de tuer le vendredi. [)uis le samedi après Theure de vêpre encore, jusqu'au lundi matin * : cette restriction ne peut guère s'expliquer que parce que la boucherie devant être fermée le dimanche, on ne voulait pas. pendant les chaleurs, laisser la viande vieillir. Dans l'industrie, les moulins, nous l'avons dit. semblaient continuer à marcher au moins pendant une certaine partie de la nuit ^. Au sujet de Ihabillcment. la journée de travail paraissait réellement exister : c'était évidemment pour les' divers artisans de cett« économie que quatre " pi-iitionnaires » spéciaux étaient chargés de " sonner le cloque dvs ouvriers six fois le jour ' ". Les détails sur les heures de sonnerie, ainsi que sur la longueur de la journée, restent d'ailleurs imprécis ^. il'autant mieux que cette durée variait forcément suivant le cours îles saisons. Vn premier principe, en effet, était l'interdiction du travail journalier « à candeille. puis le daerrain colp di- le clocke de quevrc fu ' : de plus, le samedi, on ne faisait également que trois quarts de journée, et le dimanche comme les jours de fête, toute besogne était totalement arrêtée *. Dans un cas un peu spécial. « en giclée ». il était défendu de Il feutrer » ou de « que cire soUers » et encore de tisser et tic fnuler des diaps ". l'eiulaiit les jours ordinaires, des exceptions étaient également prévues " pour affaire nécessaire tlont il appcrc à lov ■•. telles que « host ou chcvauchie * ».
1. l'.J. 2.'35'.''. 257*. — Le travail de nuit soiiiblo rtri" i^>faloim'iit inti>rflit pur la prciiiiiTO <Ip ops dispositions.