‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 569 sur 993 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l'organisation administrative

1" L'organisation ofjicidle.

La réglementation.

A) La nature des règlements

I)aiis la (liapi-rii- plus ^111- dans touto autrf hraïK-lu- indu!?trielle et coniinerciale. en raison de son extrême importance, If l)ut du travail est souvent défini et semhle aj)paraître clairement. On emploie pour le désigner, en somme, toujours la même cxpre.ssion, et d'une façon assez fréquente pour permettre de se rendre compte quon ne s'en sert pas au hasard, mais dans une intention bien déterminée et que sa signification et son importance sont parfaitement comprises de ceux qui l'utilisent. On doit, dit-on. " faire l'œvre de le vile ». ou .sous une forme plus concrète, la " hesongne » ou mieux encore « la draperie de le vile >■. l'eu imijurtent les variantes ili- la première partie tle ces expressions, car non si'ulement elles sont jjuri nient ap|)arentes et désignent toujours une même industrie, mais l'cs-sentiel ilc beaucoup est que la seconde partie, qui concerne l'application géograpliiquc (le l'économie, ne change jamais, montrant ainsi l'identité con.servéc dans des cas spéciaux très divers. C'est ainsi que les esgardeurs devront se ras.senibler « por le besoingne de le vile " ; ils « rewarderont les couvres de le ville » et en particulier, vérifieront si tel genre d'étoffe est bien " fais à l'épreuve de le ville ", si, semble-t-il, ils peuvent lui reeon-

naître les qualités nécessaires pour convenir à la cité, sinon ils « l'arresteront ^ ». C'est également cette même « œvre » urbaine que doivent exécuter tous les travailleurs. D"abord, ils la 11 fiancient » : ils jurent de la « faire » ; pour son accomplisse^ ment, les petits patrons auront une « maisnie », le personnel suffisant, en vue encore de « la bien faire ^ »; si en particulier les listeurs manquent d'apprentis, il sera absolument nécessaire qu'ils en préparent sans retard, jusqu'à ce que oetta « œvre soit bien faite ^ ». Cette idée se retrouve même dans de petits détails techniques : que les tisserands, dit-on, aient de bonnes laines " pour bien servir le draperie de le ville * », Dans son ensemble, un tel travail constitue forcément une affaire fondamentale. Aussi naturellement, que chacun se garde bien d'accomplir " nulle cose encontre », qui puisse entraver ou arrêter son exécution et nuire à son développement et, par suite, à la prospérité urbaine. Pour tout travailleur, rien n'est plus coupable que de chercher un moj'en quelconque n pour défendre et destorber l'œvre de la vile, par quoi elle demeure à faire ^ « : c'est pour ce crime qu'en 1280 certains maîtres tisserands sont condamnés ". Pour les valets aurîsi, malheur à celui qui « taisait à venir à l'œvre por entoveilier le vile ji, en vue d'embrouiller la besogne au lieu de l'accomplir ou de la lais.ser exécuter raisonnablement '. De même, les règlements, spécifie-t-on, sont faits pour « le bien, l'utilité et le pourfit eomiium » di' la cité "".

Il n'y a donc aucun doute : le but l)ien évident île l'économie drapière, c'est d'exécuter toute la drapi'rie de la \ille.

1. Recueil, n»" 21!)', n. a ; 22995, 23!)'6. 277''. 3. Recueil, n"» 234» (cf. S 21). 2401. 15.1».

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