Rrcuril. Il- 371»'". 3S
11. Voy. |iiir i-x. tTrtiiim-H iliiiiiMitiniM coiiU'nuo» «iBim Rrruril, II"" 224" (• w li «Hwanli-iir v<i-lciit |ir<Miilri' li' liuiieo... di- loutrM le» cour» ki afiermt à le dra/Kric....) , 221»»*, 23li'. 23U'«, etc.
qui soient « bonnes et loyales «, mais aussi que les moyens divers ne manquent pas pour obtenir un même résultat « droit et suiïisant ». La conscience économique, aussi bien que les convictions morales, ne sont-elles pas des choses et des idées qui, le plus légitimement du monde, semblent variables ? Il serait donc à craindre que chacmi, même dans des intentions très louables, ne considère dune façon différente ce qui est bon et utile à l'industrie urbaiixe, et que pour une œuvre quelconque, il naboutisse à un résultat tout contraire à celui quil aurait pu sincèrement désirer. On arriverait ainsi à une fâcheuse confusion. Elle serait eu effet à crauidre si l'individualisme dominait et était la règle, chacun pouvant avec juste raison croire que ses propres lumières économiques doivent lui servir de principe miiquc ; s'il pensait que de son point de vue personnel, il a évité toute fraude et qu'aucune de ses actions n'est entachée de dissimulation, il se considérera comme étant à labri de tout reproche. Mais en réalité, il ne doit pas et il ne peut pas en être ainsi. Toute personne mêlée d'une ft^çon quelconque à la di'aperie, on le sait, n'est pas i.solée, mais fait partie de cet en.semble général qui est la ville. La ville est donc en droit de faire observer à (-et individu qiw formant un .-simple élrraent d'elle-même, au fond travaiUant à son miique profit, ne devant penser et agir que d'une façon morale et matérielle avantageuse à cet intérêt, il n'est pas libre de se conduiie à sa fantaisie. Le travailleur ne sera utile à la cité, et il doit l'être, que si ses idées persomielles et celles de la ville se trouvent d'accord, ou plus précisément, s'il fait abstraction de .si's propies oi)inions, et il doit le faire. Les pensées iutlividuiHis dv chacun disparaissant, il n'y aura plus qu'une idée générale, qu'un principe directeui", ce sei'ont ceux dt- la ville. Ce qu'elle énoncera, par conséquent, se trouvera naturellement être la règle, la norme, le canon. Lorsquil s'agira de lui être utile, toute difficulté disparaîtra : il suffira de .se conformer à ses ordres et de les exécuter. Or, ses ordres sont connus et j)erpétués par les règlements.
076 La vie I-RBAINE DE DOUAI
Ceux-ci. nous l'avons dit. ont îles origines diverses et leur contenu est varié. Dans Tei-senible. ils comprennent, bien entendu, tout ce qui peut être réglementé et en particulier, surtout au xrv^ siècle, la technique. Dans le détail, ils sont presque forcément d'une minutie extrême et ils descendent jusqu'aux plus petites questions : ils ont l'évidente prétention de tout prévoir et de tout éviter. Leur précision est d'autant plus grande que la draperie forme avant tout un commerce d'exportation et que les ordonnances qui la concernent visent non seulement son fonctionnement dans la ville, mais aussi et surtout son expansion au dehors. Tous ces bans s'exportent, en quelque sorte, et acquièrent, en vertu de leur objet, une valeur extérieure : c'est ainsi que les différentes dispositions touchant les dimensions des étoffe.' doivent avoir pour but de faire de ces dernières des types normaux proprement urbains, afin que sur les marchés où ils arriveront, ils soient bien les draps de la ville île Douai et non des étoffes quelconques : les échanges .se trouvent ainsi facilités ^. Ces règlements représentent donc la cité à titre absolu, mais aussi dans des conditions relatives par rapport à d'autres centres communaux, soumis à un .système statutaire analogue.
Les règlements publiés, il est indispensable de les appliquer. Ils sont faits sans exce])ti()n ])our tous -. grands et petits, et chacun, e.sgardeurs ' ou marchanils '. maîtres ou valets, doit avant t(nit et tle toute nécessité s'y .soumettre : seuls, les inspecteurs peuvent parfois autoriser quelque composition avec eux ^. Mais, dans l'eiLsemble. on li'ur obéit aveuglément. La règle est très simple : toute la ilra})erie doit être faite « ainsi que li briefs en parollc ". et que personne n'ait la hartliesso