‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 634 sur 993 · Voy. A o- mijpf plim loin § 40, l · texte numérisé non relu

Voy. A o- mijpf plim loin § 40, l

faire à peu près abstraction des travailleurs libres et considérer presque toute l'industrie douaisienne comme fonctionnant d'après un système où le maître se trouvait en rapports exclusifs avec le drapier : le reste de l'économie ne constituait qu'un élément annihilé et une quantité négligeable. S'il en eût été autrement, si les petites exploitations libres avaient possédé une réelle importance, l'état social de la draperie flamande en aurait été transformé et certainement les événements de son histoire seraient devenus tout autres. Aussi, est-il permis de conjecturer que la valeur du travail hbre fut surtout restreinte au moment de l'apogée des grandes entreprises et put augmenter relativement avec leur décadence du xiii^ au xiv^ siècle ^.

B) Lm techniqiie.

Il ne nous est pas resté de traité spécial de la technique. Cette partie nous est presque uniquement connue par des règlements, qui d'ailleurs, et surtout au xiv^ siècle, s'en occupent fréquemment en raison de l'importance du sujet, importance venant elle-même, nous l'avons dit, de ce que pour fabriquer des étoffes de bonne qualité, on devait les faire de qualité réglementaire et officielle. Mais non seulement ces bans, dans leur ensemble, ne sont pas coordonnés, mais chacun d'eux, dans les détails ne l'est pas davantage, .Ainsi, à tous égards, une matière très spéciale et constituant un élément bien délimité e.st, du point de vue documentaire, loin de former un tout parfaitement composé et distinct, et nous reste surtout connue d'une façon irrégulière. On ne peut donc avoir la prétention de donner un exposé complet de la fabrication

I. Pour \ps travailleura indépendants d'autres centres drapiers, mais à l'épard des tis-ierands seuls, voy. A lirugcii, Herbig, 15 (cf. de Sagher. 292) ; à lîruxrllf». Des .\Iarez, 206 ; à .Strasbourg, Sehmoller, 412; A Florence, Doren, 223. Cependant les IrikenMniedrru flamands, vendeurs au détail ( =- Oewandsrhnritlrr allemands) étalent-ils nniilngue» au.\ tiindeurs douaisiens ? (Pirenne, Histoire, II, 09, n. 1).

des tissus, d'autant mieux, on doit lavouer. que cette matière, aussi bien par les difficultés philologiques de certains termes que par la nature propre du sujet, ne comporte pas toujours de solutions très claires ou très explicatives : la description des manipulations n'entraîne pas toujours leur justification *^.

a) La technique générale.

Bien que l'ordre des opérations ne .soit jamais indiqué, on se rend facilement compte qu il ne dilTérait pas à Douai de ce qu'il était partout ailleurs. D'une façon générale, on mettait d'abord la matière première en état d'être tissée ; on la tissait ensuite pour en faire une étoffe ; enfin, on apprêtait cette dernière, afin qu'elle put être vendue. La fabrication comprenait donc trois parties. On doit y ajouter la teinture qui, malgré son importance, n'existait pas forcément ou ne s'exécutait pas toujours au même moment du travail. En effet, elle pouvait se faire immédiatement avant le ti.ssage ou au moment de l'apprêt, sinon même ce dernier terminé, par conséquent soit avant que la laine fut devenue un tissu industriel, soit quand celui-ci était plus ou moins complètemiTit transformé en objet commercial.

Les manipulations préliminaires précédant le tissage ont doiuié lieu à très peu de règlements ' et même sont parfois

définies sous une forme si brève qu'elles demeurent très

1. Nous nvons piibli'- un Emai mir la Uchniqur tir l'indiutrir trrtilt à Douai nui XIII'' et A'/r-' ». (Mi'm. ilr ta SurifU drjt Aniiq. dr Fmnrr. I. I. XVIII, inOOi : il a t^t<^ rrctili/- cl riiiii|)li^l<^ clan» Je rlm|.. Huivanl.

2. NiMW avcinn utiliiw^ i(U>'l«|Ui'« nuvraffp» cIcb xvii'.xviii'" 8. ; mniinp travaux r«-<-<'nl«, vciy. KB({nH'/., Klnilrn mir V <iuiu»lrir . . . d l'arî», 2I(I-24H : Ilori'n. I)ir f'Inrrntinrr H'o//rn/iir/i., chnp. Il, 4l-.'i<l (cf. /^ Mi)yrn-Ay, I'.MI2, 337-340), et Wcckcriiii, Lr ilrap mcarlalr au M. -A. Nim» ti'iinnH A n-incroier |>r<^ii«''inrnt .M. Wcckcrlin, ainni tjup SI. I^k"*''"^- profiiuM'iir i\ rKcoli» (JpH ArtH imIuHiriclH de Kuubaix, tUw nombreux et (inV-ieux n'iuw*igncniont« (lu'ilu ont bi<'n voulu nou« donner sur eetto queattion lr^<a «pi^eialc.

3. On ne peut Rucre citer cjue je n" 224 ; joindre ciiiel(|ue(i dinpositionn deii n"' 348, 38(), 3S2.

obscures ^. Cette absence relative d'indications, jointe à quelques autres raisons, peut faire croire, nous l'avons dit, qu'une partie du moins de ces opérations s'exécutait en dehors des murs.

Quoi quil en soit, on peut supposer qu'on effectuait d'abord une sorte de triage de la matière première. Tout en n'étant indiquée nulle part, une telle opération était cependant indispensable ^. Le produit brut pouvait présenter en effet, soit des qualités ou des défauts essentiels qui, d'une façon générale, le rendaient propre on non à la fabrication, soit des caractères spéciaux utiles ou nuisibles à la confection d'un genre particulier d'étoffes. Nous sommes d'ailleurs mal informés sur ces points '. D'un côté, et d'abord à l'état naturel, on mentionne uniquement et tout à fait pas hasard, la laine « fine », à laquelle on pouvait opposer la laine « grosse :• Celle-ci était considérée comme inutilisable ; on la comparait à de V l'esteupe », à la partie inférieure du chanvre et du lin ; c'était de la « laine à barat », bonne donc tout au plus à tromper l'acheteur *. Bien entendu, interdisait-on aussi la « laine à yauwe », qui sans doute avait été mouillée afin d'augmenter son poids ^. Ensuite, on défendait l'emploi de tous les résidus de fabrication, comme le « flocon », provenant du battage, le « laveton », fil de laine, résultat probable d'une autre opération préliminaire *, quoique non spécifiée, ou la « boure » et « l'estonture » que produisait au contraire l'apprêt '. Le

1. C'est le cas on partioulipr au sujet des instruments (Ui des dénominations de travailleurs.

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