‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 685 sur 993 · Voy. IV-numération plus loin, • C • début · texte numérisé non relu

Voy. IV-numération plus loin, • C • début

qu'elles étaient exécutées avec un soin particulier, bien que la concision des règlements ne nous permette pas toujours, on le sait, de les distinguer suffisamment et, en particulier, de préciser l'utilisation des diverses parties de la matière produites par le peignage et par le cardage. On porterait volontiers une appréciation aussi favorable sur l'ourdissage et sur le tissage qui, avec des combinaisons de chaînes et de trames différentes et par des distinctions de dimensions assez nombreuses, aboutissaient à de multiples variétés d'étoffes. L'examen de l'apprêt laisse peut-être une autre impression : il présente évidemment toutes les parties essentielles, et certaines, comme le foulage, semblent même être détaillées avec soin ; mais, à moins d'une absence de documentation peu probable d'ailleurs, il ne paraît comprendre qu'à un degré restreint la division de la production. j)récisément dans le foulage-lainage, la répétition des opérations en vue d'un perfectiomiement et les manipulations de moindre importance destinées à enlever les petits défauts du drap. Il faudrait en outre savoir la valeur technique réelle des opérations essentielles de l'apprêt. Sur la temture enfin, et non sans analogie avec la partie précédente, nous avons également peu d'indications, et le nombre des variétés de couleurs qui nous sont données est assez restreint. On ne doit pas, évidemment, exagérer la précision et l'imjjortance de ces remarques. Cejiendant, tout en se gardant encore de jugements a priori et de rapprochements hasardés *, on observera que les conclusions précédentes s'accordent assez bien avec le fait connu que la perfection relative de l'apprêt et même de la teinture des draj)s flamands, avait déterminé les Florentins à venir chercher aux foires de Champagne les étoffes qui y arrivaient de la Flandre simplement tissées, et à les emiDorter en Italie, où ils les achevaient et peut-être même les teignaient. On .sait en effet, que ces doux parties de la fabrication, la tein-

1. D'autant mioux que si nous comptons environ 2.5 travailleurs de la draperie à Douai au xin<' s., à Florence, en 1427, « la laine pa.s.sait par 20 à 30 mains différentes » » (Doren, 43) : les chiffres sont donc comparables.

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ture et l'apprêt, très perfectionnés à Florence, faisaient réellement la supériorité des étoffes de cette ^nlle *. Du moins l'hypothèse précédente paraît-elle être permise.

b) Les techniques particulières, t) GénéralitéK.

Il n'existait naturellement ])as qu'une forme d'étoffe, et nous avons déjà signalé au fur et à mesure quelques-unes des causes de différence. En principe, on peut reconnaître trois motifs de distinction. Tout d'abord, la matière première, dans sa nature la plus générale, sans égard à des variations secondaires, pouvait être absolument différente. En second lieu, une même matière présentait au contraire en soi des qualités diverses. Enfin, cette même matière encore pouvait subir des manipulation dissemblables. La première et la seconde classe étaient, en somme, très ccmijiarables et en réalité même, la ])remière n'existait pas ou n'avait (|u'une valeur de princi])e. de classement en quelque sorte : il n'y avait pas la laine, le lin, h ilianvrc, mais relativement des laines, des lins, etc., ])ré.sentant dans chaque seconde catégorie, jiar rap])ort les uns aux autres, telles qualités distinctes, nous l'avons dit. Comme ces ])roduits n'en constituaient pas moins foncièrement îles matières premières différentes, la première série avait cependant sa raison d'être. Mais, avec la seconde, elle se séparait nettement de la troisième. D'un côté, la nature de la matière se trouvait plus ou moins directement affectée, de l'autre, son usage entrait exclusivement en cause. En d'autres termes, c'était d'abord son état absolument ou j)res((ue absolument brut (|ui entraînait la distinction, jiuis .son état de transformation. Succe.ssivenu'nt. il s'agissait d'une opposition de fond et d'une simi)le séjjaration de forme. Bref, il existait des « genres » qui se séparaient en « sous genres »

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