Recueil, n
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à la halle, plus spécialement appelée quelquefois la « cloque des teliers », du nom des plus nombreux des artisans ^. On sonnait le « cloque du matinée », les « deux cloques du mengier » et du « disner » et le «cloque de la vesprée^»; de plus, le samedi et les veilles de fêtes, cette dernière « cloque de laissier œuvre », se faisait entendre dans Taprès-midi plus tôt que d'habitude, mais à une heure assez difficile à préciser exactement et peutêtre variable en fait '. La besogne ne devait commencer le matin qu"à l'heure fixée et non auparavant ^. puis, elle avait à continuer sans aucune interruption jusqu'au moment des cessations temporaires et définitives : il ne fallait pas la quitter, s'en aller dans la rue sous un prétexte quelconque, que l'on fût maître ou valet ^. et c'est pour ce motif, on l'a vu, qu'on interdisait aux tondeurs en particulier, au cours de leur journée, de changer de local de travail •. Si l'interdiction de l'emploi de la lumière devait faire naturellement varier la quantité d'heures de besogne suivant les saisons ', les règlements ne sont pas as.sez précis pour permettre de déterminer d'une façon nette les différentes longueurs de la journée ouvrable. Ces divers hans ne paraissent avoir été édictés, il est vrai, que pour certains maîtres, les tisserands,
1. Cf. plus haut, rûKet n. 3-4. En rtSalit»^. il n'y a pas moins d'iinp domil'.ouzaini" <i'ap]»>llationB. q)ii doivent co|M'ndaiit «> rappurtor à une seule et même eloche. Ce sont, d'ime façon de plus en plus précise : ■ li eloke que li esehevins i ont assise . ( Rermil. n" 25tt'') ; ■ li eloque de le ville • (23!»'*', n. b) ;
• li baneloke ■ (23!»*'' encore ; variante) ; • ly cloque du IwITroy - (l'.J. 289**) ;
• li cloque des ouvriers ( Hrriiiil. n" 3li!(*, '*, 371'". 3S4') ; ■ li cloque des teliers • (235*'. 2.'>ti'») ; joindre 23'.t«\ ■•«.
2. Rerueil, n"" 233''. 23.52'. o.liil». 343. p. 232-233, 352.382". 384". 388'».
3. Kn effet, d'abord les règlements ont d<w indications différentes : Heure de laissier œuvre Uiner None Vêpres
I».J. 2Sit«' Itrcueil, n" 352 RrcueU, n° 233* Recueil, n« 242
Recueil, n» 25ti*. cf. § 10. 236*' 260»'>- '•
En outre, dans une ordonnanc<>, on établit des heures différentes pour la fin du travail, suivant qu'il s'agit ou non du cariMni- ou qu'il <wt question ou non des vi)(iles de fêtes de la Vierge (Hrcuril, n" 235*' ; cf. enc<ire 25(1* et n. f , r. ).
4. Voy. en somme les n"* du Rrniril eil<''« dans li-s <leux n. précédentes.
5. Rrruril. n" 23»*"'. **. *». 2.'ill'*. 384". '^. II. N» 2 Ht». 258.
7. C'est «• <|ui parait exister au sujet des tondeurs (Recueil, 217''*.)
les foulons et les tondeurs, alors qu'aucun ne semble concerner d'autres travailleurs tels que les teinturiers ou les tendeurs : ces deux genres d'artisans étaient, nous le verrons, assez libres i, mais les tondeurs avaient au moins autant d'indépendance et on ne peut conclure de ce silence à une absence effective de réglementation. Il ne semble pas douteux que pour les divers groupes de maitres. le temps du travail était rigoureusement établi et égal pour tous ^.
La quantité de matière manipulée ne pouvait, a priori, qu'être restreinte, en raison de l'importance aussi minime de chaque atelier ; elle ne devait pas non plus, croirait-on, dépasser un certain chiffre, puisque la journée ouvrable avait une durée légalement fixée. Les deux questions, est-il besoin de le dire, se trouvaient absolument liées l'une à l'autre. En fait, la réglementation échevinale établit et confirme directement ou indirectement cette restriction supposée. Dans des conditions générales, on ordonnait, au moins aux listeurs et aux tisserands de tiretaines, de ne prendre de produit que ce « qu'il en puist ovrer » ; la quantité de matière ouvrable était donc exactement proportionnée à l'importance de l'atelier et on sait que le maître n'avait pas le droit d'en envoj er travailler au dehors '. Mais si nous prenons successivement les divers métiers dans les opérations antérieures au tissage, nous constatons qu'on paraissait « ouvrer » une moyenne annuelle de cinq sacs *. Le teinturier ne pouvait teindre plus de 16 draps par jour ^. Dans le tissage, on parle de gens qui « font » un ou deux sacs chaque année et il est formellement interdit d'en travailler jibis de 20 ". On se souvient qu'en 1261. pour l'essai d'industrie domestique fait à ce moment, la