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TROISIEME PAKTIE. HISTOIRE ECONOMIQUE 8o /
Châlons. Quant à Grart Tarin, sa situation douaisienne est indiquée aussi clairement que possible et il n'y a aucun doute qu"on ait là affaire à un drapier ou tout au moins à un marchand, dont le nom est même celui d'une des bonnes familles de la ville. Si, dans cette affaire commerciale, la Champagne joue un rôle à la fois économique et juridique, de ce dernier côté par la date du paiement, ce n'est cependant pas là que s'est fait l'achat, mais à Douai, au lieu même de production. En effet, le vendeur a gardé sur place les étoffes et les conservera jusqu'au règlement de compte. Nous ignorons d'ailleurs la forme exacte de l'échange, s'il s'est conclu directement et si le marchand de Lagny est venu à Douai, ou s'il y a eu un envoi de « lettres », mais il importe peu : il n'y a aucun doute au contraire que cet échange ne constitue bien un achat fait par un forain à un marchand bourgeois et c'est ce point qui est absolument essentiel. L'intérêt particulier de l'acte vient encore de la précision de sa forme qui est exceptionnelle : il donne en effet non seulement l'espèce des tissus, mais surtout leur quantité. Le chiffre des étoffes achetées, nous l'avons dit, est de 13 ; s'il n'e.st évidemment pas très élevé, il l'est assez pour permettre une double conclusion : tout d'abord, l'acquisition n'a certainement pas été faite en vue d'un usage personnel et d'ailleurs, à une pareille distance du lieu de production, on ne le concevrait guère, mais il n'a pu être effectué que dans un but commercial. Par suite, ne serait-il pas permis de le considérer comme un achat «en gros » au sens ordinaire du mot ? Et il semble bien avoir cette signification d'une façon relative comme absolue, si on compare, non pas le chiffre des étoffes, ce qui, on le sait, e.st impossible, mais le prix de l'achat, aux sommes des échanges que nous venons d'examiner. Il est de 40 Ib. ; les autres, on s'en souvient, ne dépas.sent pas 31 Ib, et ont une moyenne inférieure ; cependant, dans le cas présent, il s'agit de tiretaines de flocons, étoffe doublement ordinaire par le genre et jiar l'opèce et par suite d'un pri.x peu élevé, mais non de draps d'une valeur sans doute supérieure et
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ainsi, en raison de la somme restreinte de l'échange, ne pouvant atteindre qu'une quantité bien moindre. Sans vouloir exagérer cette distinction ni en préciser particulièrement les conséquences, elle mérite d'être notée. On peut donc, semble-t-il. regarder cet échange comme \me vente en gros faite sur place par un marchand drapier ù un forain, et qui doit s'opposer bien nettement ainsi aux exemples précédents '.
En dernier lieu venait le marché des forains. Il se tenait dans une rue attenante à la halle -. Vers 1250, il était réservé aux étoffes importées, d'une longueur maxima de 28 aunes 3. En 1298, il comprit, et sans doute en plus, la vente de certaines « pièces », confectionnées toutes dans la ville pour les étrangers en draps, roiés ou tiretaines, ne devant pas dépasser 25 aunes*. Les forains avaient ordre de les vendre sur place avec des plis spécifiés et défense était faite de les emporter, « se eles ne sont aparellies por vostir 1), sans doute tondues *. Ce marché, nous l'avons déjà fait observer, est, à titre matériel et juridique, intéressant, parce quil est l'un de ceux réservés aux étrangers et le seul même se tenant dans une rue". Quant à son caractère économique, en général on se rond compte, suivant une application déjà signalée de la législation à l'égard des étrangers, de sa forme restrictive'. Elle apparait clairement dans le premier règlement du milieu du xril'' siècle ; mais, à la fin de cette période, elle semble, à vrai dire, s'expliquer beaucoup moins nettement. On peut admettre que la question, que le ban de 1298 prétend régler, est moins indus-
1. Kii I3(tS, un achat fait par rinq marchandB do VVinrhpat«r de 200 pic'cca de drap» de Douai et de (iaixl, einhannii'-es dann un vaiHWBU r|Ui' deH Flainandx prirent pn'-M de firavelinex. fut [M'ut-ètre ex*eut<' mir plar»» (('lo*t HolU : Kd-Mianl II. t. I. I3(t).