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rautorisation des échanges était évidemment donnée pour l'emplacement de l'entrepôt et non pour toute l'étendue de la ville, afin d'épater de nouveau une permission accordée à des étrangers et préjudiciable au commerce local. Et telle est peut-être la seule conclusion un peu générale à tirer de cette réunion assez confuse de dispositions : l'obligation pour les Douaisiens de se maintenir dans les limites strictes et matérielles, pour ainsi dire, de leur concession : ils ne possèdent à Arras qu'un dépôt et tout indique qu'ils n'y sont pas domiciliés et qu'ils y viennent exclusivement pour leurs affaires. La halle n'est au fond pour eux qu'une foire, quoique plus fréquente que celles de Champagne ou d'Angleterre, mais, et par suite, constitue-t-eUe aussi une sorte de lieu d'asile en dehors duquel les marchands d' Arras reprennent leurs droits, en même temps que les privilèges des Douaisiens disparaissent.
Son existence n'est pas, en tout cas, sans prouver a priori des relations commerciales importantes entre Arras et Douai, mais en réalité, nous les ignorons complètement. Si en effet, de 1279 à 1313, on possède d'assez nombreuses indications relatives à l'importation d'étoffes douaisiennes en Artois, elles concernent d'une façon exclusive des ventes faites, non pas à des particuliers, mais au pouvoir public territorial. Le comte Robert II et la célèbre comte.s.se Mahaut semblent avoir été des clients assidus des marchands douaisiens 1 : néanmoins, aucune trace n'est restée de relations du même genre avec leurs successeurs, que ces raj)ports aient cessé réellement ou documentairement. En tout ca.s, du ])oint de vue personnel, nous l'avons dit, les achats sont faits uni(|uement par le comte et la comtesse précités, soit sans attribution déterminée ^ soit pour leur famille', soit surtout pour la ' livrée », c'est-à-dire en vue de l'habillement bis-annuel
1. Voy. pour Mahaut en particulier, Richard, Mahaut, chap. xiv", 158 ss.