‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 772 sur 993 · Hrruril, n" 20ll*, n. c · texte numérisé non relu

Hrruril, n" 20ll*, n. c

et qu'ils chargent les maîtres existant d'en •> faire » directement de nouveaux, qui pourront se joindre à eux : ces fabricants '< en puissance », qui doivent acquérir, sous la direction des industriels (( en acte », les connaissances indispensables à l'exercice de leur futur métier, sont les « aprentis ». Qu'est-ce donc qu'un « aprcnti » ? c'est celui qui « aprend seu mestier » pendant le temps de « l'apresure », grâce à la direction d'un « maître i ». Il est alors son élève. Il est impossible den donner tout à la fois une définition plus évidente et plus nette. Et en vérité, ce n'est pas sans doute l'aide purement matérielle qu'on a en vue en songeant aux apptentis. car, en ce cas, ils ne seraient que de purs ouvriers, des « valets ^ », c'est la direction, qu'une fois devenus maîtres à leur tour, ils imprimeront au travail de ces derniers en faisant observer les règlements et en perpétuant les traditions. Cette question de l'apprentissage a donc aux yeux de l'autorité urbaine une importance primordiale, puisqu'elle juge que si elle ne reçoit pas une solution régulière, tout travail en général deviendra impossible. Aussi, que l'ordre de la ville plaise ou non aux maîtres, ils devront s'y conformer : qu'ils « facént » des apprentis comme ils confectionneraient des étoffes. On a là une application remarquable de ce principe fondamental que la prospérité économique de l'association doit être assurée par le concours de chacun : c'est bien le résultat d'une collaboration générale, c'est bien une œuvre d'ensemble *.

C'étaient donc les maîtres qui formaient les apprentis. Rien n'était plus naturel, les seconds devant être un jour identiques aux premiers. Ils entraient pratiquement en rapports dans des conditions que nou.s ignorons, mais qui devaient affecter un caractère tout à fait individuel et ])ar conséquent présenter une extrême variété. Lorsque les deux j)arties se trouvaient d'accord, elles avaient naturellement à con.server un témoignage probant de leur convention. Le

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