‹ La vie urbaine de Douai au moyen ageChapitre 800 sur 993 · Urrueil, n" 2lT · texte numérisé non relu

Urrueil, n" 2lT

parmi se volenté », ils doivent agir « à sen gré » : il faut qu'ils ne lui '( facent pas anui ^ ». Même certains draps, dont la largeur n'est pas fixée d'une façon absolument rigoureuse par les règlements, peuvent, suivant certaines conditions, avoir celle « qu'il plaira au drappier ^ ». A priori, les maîtres sont donc bien au « service » du grand marchand ; ils doivent se trouver complètement à ses ordres : ils ne sauraient avoir qu'un but, celui d'exécuter d'une façon ponctuelle et scrupuleuse ses commandes, qu'une crainte, celle de lui causer quelque difficulté, on le dit parfaitement, quelque « anui ». Luimême quelquefois, dans la limite des règlements, peut faire ce qui lui plaît ; eux-mêmes ne doivent faire toujours que ce qui lui convient : au besoin, ses préférences ont force de loi. Techniquement, il représente le règlement : ne serait-ce qu'à cet égard, ses maîtres sont à lui, ils sont sa chose.

Le drapier n'est pas seulement, en quelque sorte, le propriétaire de l'outillage humain. Pendant toute la durée du travail et presque pour chaque opération, on spécifie que c'est à lui qu' « est » et qu' « appartient ' » et par conséquent que doit rester « l'œvre » : on parle du drapier, du marchand u cui la laine *, le drap ^, la tiretaine seroit * », et non du fabricant. Par conséquent, c'est bien « sa » laine qu'on « enporte » pour les opérations préliminaires, puis, qu'il «envoit» à la teinture, qu'on lui « raporte » de part et d'autre ' : c'est son drap qu'il expédie au maître '. C'est bien « l'œuvre d'autrui » que le.< tisserands « reçoivent, mettent jus » leur métier et qu'ils « rendent ' ». Les mêmes artisans, après avoir reçu la matière première et l'avoir transformée en drap, ont à faire à ce dernier une « enseigne », afin qu'en cas de malfaçon,

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